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L’État et les collectivités locales possèdent 35 000 hectares de forêts en Bretagne, et c’est l’ONF (l’Office National des Forêts) qui les exploite. La sylviculture a bien changé depuis les années 1950.

Marc Pasqualini technicien de l’ONF au Faou et chargé de sylviculture sur la basse Bretagne.

Dans le Finistère, les forêts domaniales (propriétés de l’État) les plus connues sont celles d’Huelgoat, de Landévennec et du Cranou à Pont-de-Buis-lès-Quimerch. Il existe aussi des forêts communales comme celles d’Argol, de Plomodiern ou de Trégarvan, et même départementales comme le bois du Chap près de Châteaulin.

Le complexe du forestier

En général, la forêt s’est développée sur des sols de mauvaise qualité agricole ; on voit encore ça et là de petites parcelles, reliques des temps anciens. Les bois gagnent aussi parfois sur des landes.

Après guerre, il fallait reconstruire, et les forestiers ont voulu rivaliser avec les agriculteurs : obtenir rapidement une récolte de bois. D’où la plantation massive de résineux, plus faciles à exploiter car ils poussent plus vite que les feuillus, et plus faciles à transformer en planches car ils poussent droit !

À l’époque, les bulldozers ont transformé les anciens taillis sous futaie de feuillus en peuplements de résineux : pins laricio, épicéas de Sitka et sapins de Vancouver, mais ces derniers ne se plaisent pas en Bretagne faute d’humidité…

La technique était assez brutale : tous les 20 mètres, le bulldozer érigeait un andain, une bande continue constituée de bonne terre et de souches, comme ce fut le cas à Landévennec. Résultat, aujourd’hui les arbres plantés sur ces andains sont hauts et vigoureux, quand ceux qui en sont éloignés végètent, là où la terre a été appauvrie, « décapée » par les engins.

Malgré ces plantations intensives, il reste quelques résidus de taillis sous futaie, la « forêt à l’ancienne », où tous les 12 ans, on conservait certains arbres pour produire du bois d’œuvre, tandis qu’on taillait le reste pour produire du bois de chauffage.

Retour à la biodiversité et au respect de l’écosystème

En 70 ans, les techniques de sylviculture des agents de l’ONF ont bien évolué. Les forestiers ont compris que la préservation de l’environnement et les exigences économiques pouvaient s’accorder.

Dans les zones qu’elle exploite, l’ONF s’efforce désormais de mélanger les espèces : arbres de différentes tailles, racines de différentes profondeurs. Car un peuplement mélangé produit 10 à 15 % de bois en plus qu’un peuplement en essence pure.

L’ONF élabore aujourd’hui des plans de gestion : on continue les coupes de bois, mais en intégrant le souci de maîtrise du paysage, car la forêt est aussi un lieu de promenade et de tourisme.

Les sylviculteurs pratiquent notamment la gestion en futaie irrégulière : toutes les classes d’âge d’arbres seront présentes en même temps sur la parcelle ; on coupe les spécimens qui sont arrivés à maturité, on laisse les autres. Le sol n’est jamais à nu et il y a toujours des arbres dans le paysage.

Rentabilité nécessaire

Les parcelles difficiles d’accès (car trop pentues entre autres) ne sont plus exploitées. Mais elles pourront l’être un jour si le prix du bois s’élève. Tout est question de rentabilité : il ne faut pas que l’exploitation coûte plus cher que ce que rapporte le bois.

Un bon exemple de gestion rationnelle concerne les forêts communales. Celles de Trégarvan, Argol ou Plomodiern sont issues de plantations de pins maritimes qui s’acclimatent bien et se régénèrent naturellement.

Leur exploitation dépend des arbitrages des communes entre :

-les besoins en bois-énergie, pour les chaudières communales (Quimerc’h),

-l’intérêt de la forêt, exempte de pesticides, pour la protection des captages d’eau (Plomodiern ou Pont de Buis),

-l’intérêt d’agrément, de loisir, de tourisme.

Parfois, on délaisse la forêt si elle n’est pas pertinente : ainsi à Trégarvan, les élus et l’ONF ont choisi de laisser la lande s’exprimer sur les contreforts du Menez Hom depuis le dernier incendie.

Éviter la concurrence forêt – agriculture

Le plan Breizh forêt bois a pour ambition de reboiser 4000 hectares de terres bretonnes sur 5 ans pour la production de bois d’œuvre (de construction). Il a défini des critères qui rendent éligible un terrain à la sylviculture :

  • une terre non cultivée depuis plusieurs années,
  • la biodiversité (mélange d’essences),
  • l’étude de sol pour y planter des essences d’arbres adaptées,
  • des limites de surface (pas moins de 0,5 ha) pour éviter le mitage des zones forestières,
  • le respect des zones d’intérêt communautaire comme les tourbières.

Pour en savoir plus,

Le site internet de l’Office National des Forêts

Pour les balades, le site de Tourisme en Finistère