Le Garvan, l'un des affluents de l'Aulne

Le Garvan, l’un des affluents de l’Aulne

 

 

 

 

 

 

Ribines au fil de l’Aulne maritime, après le canal de Nantes à Brest, entre Port-Launay et la rade. On se penche sur l’eau sous tous ses aspects : la dynamique du fleuve et, au-delà, de son bassin versant, mais aussi tout son écosystème animal et végétal. Exploration en compagnie d’Anouck Bonjean, animatrice nature pour l’association Eau et Rivières de Bretagne.

 

 

Un bassin versant c’est un territoire dont l’ensemble des eaux convergent vers un même point (lac ou mer). Le bassin versant de l’Aulne c’est donc le fleuve et tous ses affluents, soit plus de 1200 km2 de terre du Finistère.

Dans l’estuaire de l’Aulne, donc près de la mer, le relief reste accentué et la vallée bien encaissée. C’est dû à la géologie, à la nature du sol : schiste et granite sont deux roches dures qui s’érodent difficilement. Imperméables, elles sont défavorables à la formation de nappes phréatiques. C’est ce qui fait qu’à l’ouest de la Bretagne, il n’y a pas de grands réservoirs d’eau souterrains comme, par exemple, en région parisienne où le sous-sol est calcaire.

 

L’eau potable : enjeux sanitaire et économiques

L’eau potable bretonne vient donc à 80% des rivières. Elle doit être dépolluée car elle n’est pas « filtrée » par le sol ou préservée des polluants par la profondeur. La qualité de l’eau du fleuve et de ses affluents est donc aussi un enjeu de santé publique, et d’économie en raison des coûts du traitement.

 

L’oxygénation des cours d’eau

L’eau d’une rivière peut être polluée par les produits de l’activité humaine, de diverses origines, agricoles, industrielles ou domestiques.
Cette eau peut aussi être plus ou moins riche en oxygène.
Comme l’Aulne et ses affluents s’écoulent sur un relief marqué, ces rivières ont un débit assez rapide, elles sont donc en quelque sorte “remuées et agitées”, plus fraîches aussi, ce qui favorise leur oxygénation.
Les cours d’eau qui passent sur des reliefs plus plats, comme à l’est de la Bretagne, sont moins oxygénés. De même, la partie canalisée du fleuve – entre Nantes et Port-Launay – est moins oxygénée car l’eau stagne et se réchauffe entre les écluses.
L’oxygénation est indispensable aux espèces de poissons qui remontent la rivière pour se reproduire, comme le saumon (emblématique de l’Aulne) ou encore l’alose, la lamproie et autres espèces migratrices.

 

Le rôle des crues

La qualité de l’eau dépend également des crues de la rivière, et les variations du niveau du fleuve ont aussi un impact sur la vie des espèces animales.
En effet, quand la rivière déborde, elle en profite pour épurer ses eaux : elle dépose les sédiments et particules qu’elle charrie sur une plus vaste surface de sol.
Cela évite la concentration des sédiments dans le lit mineur du fleuve où ils envaseraient les gravières – couches de cailloux du fond de la rivière – elles aussi très importantes pour les espèces aquatiques.

L’importance des zones humides

Les zones humides sont également essentielles à l’écosystème et à la dynamique du bassin versant, pour plusieurs raisons :

  • elles permettent de réguler le niveau de ces cours d’eau et limitent le ruissellement et l’érosion des sols, ce sont des zones tampons ;
  • elles jouent aussi le rôle de filtres des différents polluants grâce aux bactéries spécifiques qu’elles abritent.

 

Les arbres et arbustes de rive, la ripisylve

La ripisylve, ou forêt riveraine, permet de refroidir l’eau avec son ombre et elle favorise donc l’oxygénation de l’eau.
L’ idéal, c’est qu’elle soit large de 10 à 20 mètres. Elle est faite d’essences qui apprécient l’humidité comme le saule, le frêne ou l’aulne glutineux.

L’aulne glutineux est un arbre précieux car il fixe les berges avec ses racines, nourrit les passereaux en hiver, notamment le tarin des aulnes. Les insectes qui vivent sur ses branches et son écorce nourrissent à l’occasion les truites attirées par sa fraicheur ombragée. S’il tombe dans l’eau, l’aulne glutineux ne pourrit pas et son squelette crée donc des abris pour les larves aquatiques. Enfin, son système racinaire est apprécié des loutres qui peuvent y creuser leurs catiches (terriers).

Loutres et ragondins

Aujourd’hui protégée, la loutre a failli disparaître – sa peau rapportait beaucoup d’argent – mais les associations de défense de la nature comme Eau et Rivières se sont battues pour sa protection et l’ont obtenue en 1981.  Depuis, la population de loutres a bien augmenté, y compris dans l’Aulne maritime.
Discrète, la loutre est carnivore et, en tant que prédateur, elle régule les populations de ses proies puisqu’elle chasse en priorité les spécimens les plus faibles. Son territoire est plus ou moins étendu selon la nourriture disponible. Opportuniste, elle se nourrit cependant aussi bien de grenouilles, que de poissons, voire des petits de ragondins.
Tant mieux, car les ragondins sont un espèce invasive qui cause d’importants dégâts sur les berges : contrairement aux loutres, les ragondins creusent de véritables galeries qui fragilisent les rives.

 

Une émission réalisée par Tous Curieux/Histoire de son dans le cadre d’un partenariat avec Radio Évasion.