Archéologues professionnels et amateurs réunis pour une nouvelle campagne de fouilles.

Encore un site archéologique remarquable dans le Finistère ! Cette fois, au lieu-dit le rocher de l’Impératrice à Plougastel-Daoulas, les hommes sont passés depuis le paléolithique, il y a 14500 ans. Ils ont surtout chassé, mais ils ont aussi exercé leurs talents d’artistes.

Un site d’art rupestre exceptionnel

Tant au niveau régional qu’international, le gisement préhistorique est un site clé pour la préhistoire de l’art ! On a même ici les plus anciens vestiges artistiques de Bretagne. Les fouilles ont en effet mis au jour une cinquantaines de gravures sur plaques de schiste laissées sur place. Elles témoignent d’un changement culturel. Certaines gravures sont figuratives, à l’image des motifs peints sur les parois rocheuses des grottes de la période magdalénienne (17 à 12000 ans avant notre ère), comme Lascaux. Mais les ardoises gravées portent aussi des motifs abstraits, figures géométriques typiques de l’art de la période suivante, l’Azilien (12000/9600 ans avant J.C.). Les archéologues ont aussi retrouvé des traces de colorants sur certaines des plaquettes de schiste.

© 2017 N. Naudinot et al./PLOS One/Cliché N. Naudinot

L’abri, un surplomb de la roche sans être une grotte, fait environ 10 mètres de long. Les traces les plus anciennes d’occupation remontent à une période où le climat “breton” reste rude : à la fin du Paléolithique, ère des chasseurs-cueilleurs au Tardiglaciaire, il y a 14500 ans. Juste après la dernière période glaciaire, quand la tendance générale est au réchauffement, entrecoupé de rapides périodes de refroidissement. Le niveau marin est plus bas qu’aujourd’hui, la mer est alors à 50 km à l’ouest du site actuel et le rocher domine une plaine de steppe parcourue par le gibier (chevaux, cervidés, aurochs). Les hommes ont laissé sur place des outils en silex et surtout des traces d’entretien et de fabrication de ces outils. Avec des rognons de silex collectés sur des terrains qui se trouvent aujourd’hui sous la Manche, ils ont surtout fabriqué ici des pointes de flèches. Tout indique que l’abri était un site de bivouac pour de petits groupes de chasseurs, sur de courtes périodes.

L’archéologie du Finistère, toujours plus riche

Un jeune archéologue, Nicolas NAUDINOT, maître de conférences/chaire CNRS à l’Université Sofia Antipolis, est aujourd’hui le responsable des fouilles. Menées depuis 2013, elles sont soutenues par le Conseil départemental du Finistère, la DRAC Bretagne et la commune de Plougastel-Daoulas. Mais c’est Michel Le Goffic, alors archéologue de la mission archéologie du Conseil général qui avait découvert ce site en 1987. Il a donc fallu attendre trente ans pour que les fouilles aient enfin lieu, mais la patience a payé.