L’association Eau et rivières de Bretagne encourage la participation des citoyens à la gestion de l’environnement. Or, dans le cas des cours d’eau, il existe des outils pour favoriser cette implication. Encore faut-il les connaître.

 

Arnaud Clugery le coordonnateur régional d’Eau et rivières de Bretagne vient nous parler des bassins versants du Finistère et des outils qui permettent à tous les acteurs de veiller à la qualité de l’eau, à la prévention des inondations et des sécheresses ou à la préservation de la biodiversité et des paysages.

 

Un bassin versant désigne un territoire sur lequel un fleuve et ses affluents, l’ensemble des eaux, convergent vers un même déversoir : lac, mer… Pour gérer ces territoires et leurs rivières, les collectivités locales (départements, mais aussi communes et communautés de communes) ont mis en place des Schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage). Ce sont un peu comme des Plu (Plans locaux d’urbanisme) mais pour les cours d’eau. Les citoyens, via les associations, peuvent aussi participer à l’élaboration du schéma et à son animation au sein de “parlements de l’eau” : les comités locaux de l’eau (Cle). Les élus, techniciens, professionnels, représentants d’associations de protection de l’environnement et d’usagers y débattent et décident en commun des objectifs à suivre pour les années à venir. La planification se fait à l’horizon de 8 à 10 ans même si elle peut être réajustée entretemps.

Des enjeux nombreux et fondamentaux

Le Finistère compte 8 bassins versants ou territoires gérés par un Sage, dont ceux de l’Aulne, de l’Elorn, celui de la baie de Douarnenez ou encore de l’Odet.

Les Finistériens sont attachés aux questions liées à l’eau, plus de la moitié se disent même prêts à changer de comportement : utiliser des produits non toxiques pour le ménage ou le jardinage, manger bio, réduire sa consommation d’eau, et même payer davantage d’impôts pour l’assainissement… selon une étude menée par le Conseil départemental du Finistère en juillet 2016.

Ce 13 décembre 2017, Eau et rivières de Bretagne organisait à Pontivy un colloque pour faire le bilan des politiques publiques de l’eau, et pour dessiner les perspectives d’une gestion collective dans un contexte de réchauffement climatique. Car le changement climatique a déjà un impact sur le niveau des rivières, sur les variations de leurs débits. Même en Bretagne, l’agriculture doit composer avec des périodes de sècheresse et de restriction des eaux. De fortes pluies ne compensent pas forcément les manques car les eaux n’ont pas le temps de s’infiltrer dans le sol, surtout si ce sol est rendu imperméable par l’urbanisation…

Les rivières et le changement climatique

La population augmente, et elle continuera à le faire en Bretagne où le temps restera relativement clément. L’attrait pour le littoral pourrait poser aussi des problèmes de submersion marine si le niveau des océans s’élève. Enfin, notre alimentation – et donc notre agriculture – va devoir évoluer en fonction de la quantité et de la qualité de l’eau disponible.

 

Playlist de l’émission

Skøpitøne Siskø, All the same. Au festival Nuit Blanche, le 28 décembre 2017, au Vauban à Brest.

Le vent du nord, Les Iroquois. Un groupe de traditionnel québécois en concert à l’Athéna d’Ergué-Gabéric le 21 janvier 2018.