Au programme de notre émission du mois, avec l’association Eau et rivières de Bretagne :  la qualité de l’eau, en lien notamment avec nos modes de production agricole, en vue du forum “se nourrir à quel prix” organisé le 27 janvier 2018 à Brest.

 

 

La question de la qualité de l’eau en Bretagne, c’est celle de la pollution des rivières puisque la majeure partie de l’eau que nous buvons vient des eaux de surface. La présence de polluants dans les rivières a donc a priori un double impact : sur les milieux naturels, la biodiversité, l’état de la faune et de la flore, et sur la santé humaine, à travers l’eau potable.

Moins de nitrates, encore beaucoup de pesticides

Les nitrates (azote) favorisent le développement des algues vertes qui envahissent les plages quand les beaux jours reviennent. Leur présence a bien diminué ces dernières années dans les cours d’eau du fait de la réglementation, des efforts des agriculteurs et de l’évolution de leurs pratiques. Mais les taux de nitrates dans les rivières bretonnes restent élevés (il y a encore parfois des dépassements de la limite des 50mg/l).
La présence des pesticides est elle aussi évaluée, mais le problème est vaste car il existe plus d’une centaine de molécules utilisées en agriculture : pesticides, insecticides, herbicides, fongicides ou encore médicaments pour animaux d’élevage… on ne peut pas tout tester et on ignore encore les effets à long terme de ces produits dans les rivières ou dans l’eau du robinet.
Il faut parfois plusieurs années entre la première utilisation d’une molécule et son interdiction pour raisons sanitaires. Le cas du glyphosate (le Round up de Monsanto) en est un bon exemple : au départ, même les associations comme Eau et rivières pensaient que le produit était biodégradable, mais lorsque les outils de détection se sont perfectionnés, on s’est rendu compte que ce n’était pas le cas et que le glyphosate persistait durablement dans le milieu naturel.

Tableaux de bord de la qualité de l’eau en Finistère en 2016

L’eau, le premier de nos aliments

C’est un paradoxe en Bretagne : alors que la qualité des rivières reste encore médiocre sur le plan des pollutions, l’eau potable est d’excellente qualité quand elle sort du robinet.
C’est parce qu’elle est bien traitée… l’assainissement joue son rôle.
Cependant, mieux vaudrait s’assurer de la bonne qualité de l’eau à la source ! D’où l’intérêt de repenser nos modes de production agricoles. Les récents états généraux de l’alimentation n’ont guère abordé la question. C’est pourquoi une dizaine d’associations bretonnes, dont Eau et rivières, jouent les prolongations en organisant un forum sur l’alimentation

« SE NOURRIR, A QUELS PRIX ?»

Samedi 27 janvier 2018 de 9h30 à 17h30

Amphi Guilcher, Faculté Ségalen, Brest

Entrée gratuite

Des agriculteurs, des experts (agronomes, économistes) viendront y expliquer les conséquences du modèle agricole actuel et démontrer que d’autres formes de production sont possibles en Bretagne.

Le rôle des zones humides dans la qualité de l’eau

Le 2 février, c’est la journée mondiale des zones humides. Avec les plantes qui y poussent, ces zones font office de “filtres à nitrates” ; elles retiennent et utilisent les nitrates pour les transformer en azote gazeux. Ce sont donc des stations d’épuration naturelles, d’où l’importance de les préserver ou de les restaurer. L’association Eau et rivières propose deux actions en Finistère  :

  • Le temps d’un atelier, vous pouvez découvrir le projet « Incroyable Zone Humide », consacré à la ré-ouverture d’une prairie humide dans la vallée de Sainte-Anne du Portzic à Plouzané. On pourra soit observer, soit participer au bûcheronnage et au débroussaillage, pour donner de la lumière, appauvrir le milieu et favoriser la strate herbacée, favorable à un retour du pâturage. Venez avec votre casse-croûte et vos outils (si vous en possédez, sinon on vous en prêtera). Inscription par mail à volontaire.brest@eau-et-rivieres.asso.fr ou par téléphone au 06 10 98 97 38, le samedi 3 février 2018 de 10h à 12h30 et de 14h à 16h30. 
  • A Quimper, le groupe jeunes vous invite à participer, le samedi 3 février 2018 de 14h à 17h à son chantier du Moulin Saint-Denis, Zone de l’Hippodrome : plantation d’aulnes à l’interface cours d’eau zones humides. Prévoir des bottes et des gants de jardinages (et une pelle si possible !). Inscriptions au 06 82 91 94 48 ou volontaire.quimper@eau-et-rivieres.asso.fr 

 

Agir au quotidien pour préserver l’eau

Avec les outils numériques, tout un chacun peut veiller au bon état des rivières bretonnes en signalant les dégradations ou les actions néfastes : le site Les sentinelles de l’eau propose une carte interactive sur laquelle vous pouvez reporter vos observations.

 

Playlist de l’émission

Luz Casal, Miénteme al oído. Le 3 février 2018 à l’Avel Vor de Plougastel-Daoulas.

Juliette Armanet, Sous la pluie. Le 3 mars 2018 à La Carène à Brest.