Quand le stress au travail est chronique, lorsque le corps y est trop longtemps soumis, on peut atteindre le burn out ou syndrome d’épuisement professionnel. Même s’il n’est pas officiellement reconnu comme une maladie professionnelle, son impact économique, social et sanitaire est réel. Stéphanie Le Louët et Fabienne Paul, psychologues du travail, décortiquent ce syndrome.

 

 

Parmi les risques psychosociaux au travail, il y a la violence, le harcèlement moral ou sexuel, mais aussi plus insidieux, ces nouveaux maux comme le burn out. Un matin, vous ne pouvez plus vous lever pour aller au travail ou vous faites une crise d’angoisse le dimanche soir à l’idée de reprendre votre poste, ou encore vous êtes terrassé par une crise cardiaque en pleine tâche ; sans parler des suicides au bureau…

Premiers signes discrets et multiples

Mais les premiers symptômes sont moins spectaculaires, voire passent inaperçus, ou bien c’est l’entourage de la personne touchée qui les détecte : fluctuations de l’humeur  anormales, désintérêt voire dégoût pour ses missions, perte d’émotivité ou crise de larme, troubles de l’attention ou de la mémoire, du sommeil ou de l’alimentation, douleurs qui disparaissent pendant les vacances… C’est alors qu’il faut agir, avant que le corps “lâche” sous le trop-plein, avant l’effondrement. La difficulté c’est qu’il n’y a pas une façon type de réagir physiquement à un épuisement professionnel.

Pas vraiment de profil-type

De même, il n’y a pas vraiment de profil psychologique ou professionnel qui expose nettement à un burn out. C’est dans les professions de services à la personnes et qui œuvrent au plus près de l’humain qu’on a identifié en premier ce syndrome : personnels soignants, pompiers, policiers ou gendarmes, enseignants … Mais il peut aussi bien toucher un salarié très investi (dans le milieu associatif ou une startup innovante), un agriculteur, un petit patron de PME. Les psychologues perçoivent davantage de cas de burn out dans les profils dits “sentinelles”, ces personnes qui veulent à tout prix assurer une qualité de service même quand elles n’en ont pas les moyens (faute de personnel ou de matériel).

Prévenir et guérir le burn out

Les managers eux-mêmes peuvent être frappés par cet épuisement et donc incapables de le prévenir au sein de leurs équipes. Alors qu’un salarié stressé commettra davantage d’erreurs et accomplira mal les tâches qui lui sont assignées.
Pour éviter l’épuisement, il faudrait pourtant identifier les difficultés réelles du terrain, fixer les priorités des missions et les limites (notamment la déconnexion numérique obligatoire), déculpabiliser et encourager la prise de recul, mais aussi favoriser la communication entre collaborateurs, refuser le présentéisme (envoyer au repos les personnels qui sont visiblement en mauvaise santé physique ou psychique), faire preuve de souplesse aussi… Tout dépend aussi de l’organisation générale de l’entreprise.

Quand on est en burn out avéré, la seule façon de s’en sortir c’est de rompre pour un temps plus ou moins long avec ce travail, source de stress. Il s’agit aussi de s’arrêter pour réfléchir en profondeur à ses véritables souhaits de vie.

Fabienne Paul psychologue du travail
Hôtel d’entreprises de Lannuzel
29460 Dirinon
09 86 43 94 20
www.psytravailbrest.com

Stéphanie Le Louët psychologue du travail
1 rue Jules Ferry
29480 Le Relecq-Kerhuon
07 61 42 74 63
www.cabinetequit.fr

 

Playlist de l’émission 

Lysystrata, Asylum. A la Carène à Brest le 25 avril 2018

Leska, Le berger blanc. Au Run ar puns de Châteaulin le 5 mai 2018 lors de la soirée label charrues avec Liev et Saro