Malgré leur air farouche, les landes bretonnes ont été longtemps exploitées par l’homme. Si elles ont beaucoup reculé, elles sont aujourd’hui protégées et font même l’objet d’une exposition d’intérêt régional, notamment à l’écomusée des monts d’Arrée.

 

L’exposition « Sauvages ? Les landes de Bretagne » nous est présentée par Catherine Sparta, directrice de l’écomusée des monts d’Arrée.

 

 

Les landes primaires sont originelles et naturelles ; elles se trouvent surtout en zone littorale ou dans les monts d’Arrée. Les landes secondaires résultent du défrichement de forêts pour l’agriculture, suivi de l’abandon des parcelles.

Sol pauvre et acide

Dans toutes les landes, on trouve des ajonc, des petits arbustes, de la bruyère et de la molinie. Le sol y est pauvre, peu profond, et acide. La lande peut être sèche, surtout en hauteur, ou humide, en vallée, où elle devient ensuite tourbière.

Ressource agricole

En Bretagne, et notamment dans les monts d’Arrée, on utilisait la lande comme ressource agricole : litière pour les animaux à base de molinie ou de bruyère, pâture pour le bétail, ajonc broyé pour nourrir les chevaux … En outre, on employait l’ajonc comme combustible (notamment pour démarrer le feu) ou les végétaux ligneux pour garnir les toitures.

Espace menacé

Les paysans bretons ont aussi cultivé la lande, en la défrichant. La méthode traditionnelle est de brûler la couche superficielle de végétaux et de laisser la cendre enrichir la parcelle qu’on cultive : sarrasin ou seigle de préférence car ce sont des plantes moins exigeantes. Malgré tout, la pauvreté du sol épuise la parcelle ou bout de 2 ou 3 ans.

Dans les années 1950 on a beaucoup défriché la lande avec force tracteurs et amendements.
L’ensemble des landes bretonnes ne couvre plus que 12 km² au total, alors qu’elles couvraient un tiers de la région au début du XIXe siècle.

Actions de conversation

Aujourd’hui, les landes sont protégées, elles entrent dans des réserves comme celles du Cragou et du Vergam ; le conseil départemental du Finistère et le Parc naturel régional d’Armorique incitent les agriculteurs à les entretenir par du fauchage ou du pâturage.

 

Au moulin de Kerouat à Commana, l’exposition se répartit dans les maisons du village où sont présentés les différents usages de la lande et les objets qui y sont associés.

Il était interdit de clore la lande qui était un « commun »; on envoyait donc les enfants veiller sur les troupeaux. Ils passaient beaucoup de temps dans la lande et s’y inventaient des jeux, des pratiques, qui seront présentés à la maison Cornec de Saint-Rivoal cet été.

Les collectages de témoignages sur la lande ont été réalisés par Christophe Le Guern, médiateur de l’écomusée.

Bibliographie

  • Beaulieu François (de) et Pouëdras Lucien, La mémoire des landes de Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, 2014, 175 p.
  • Jarnoux Philippe (dir.), La lande, un paysage au gré des hommes, Brest, CRBC / Parc naturel régional d’Armorique, Le Faou ; Centre de Recherche Bretonne et Celtique. UBO. Brest, 2008, 292 p.

L’exposition Sauvages ? Les landes de Bretagne, est à voir jusqu’en novembre 2018 à l’écomusée des monts d’Arrée.

Initiée par l’écomusée du pays de Rennes, elle se décline également dans 4 sites de landes et 5 autres musées de Bretagne, dont le musée de l’école rurale de Trégarvan.

Le site internet de l’écomusée des monts d’Arrée

La page Facebook de l’écomusée des monts d’Arrée

 

Playlist de l’émission

Dominique A, Des étendues. A La Carène à Brest le 26 mai 2018.

Brain Damage & Harrison Stafford, Liberation Time. Au Novomax à Quimper le 1er juin 2018.