Le sujet devient brûlant : les animaux et leur “utilisation” par les humains, en particulier le fait de les manger… Qu’en pense-t-on dans un élevage de poules pondeuses bio du Finistère, la ferme de Kernivinen ?

 

Pendant des millénaires on ne s’est pas posé de questions, on mangeait des animaux, l’homme était omnivore et c’était bien ainsi. Mais voilà que de nouvelles voix s’élèvent contre l’alimentation carnivore. Elles nous parlent végétarisme et même véganisme. Certains ne mangent plus d’animaux (les végétariens), d’autres ne mangent plus leur lait, leurs œufs (les végétaliens) ; d’autres enfin refusent tout produit d’origine animale : laine, cuir, colorant issu des insectes, etc. Ce sont les vegans dont certains sont très militants de la cause animale et se disent spécistes : il mettent toutes les espèces sur le même plan et considèrent que l’homme est un animal comme un autre qui n’a pas à exploiter les autres animaux. C’est un positionnement philosophique et moral. Ca tourne parfois au militantisme avec des manifestations devant les boucheries ou des coups d’éclats médiatiques.

Etre éleveur et respectueux des animaux

“J’aimerais bien savoir avec quoi on va fertiliser les cultures végétales s’il n’y a plus d’élevage animal… des engrais chimiques ?” se demande Jonathan Lemoigne, qui élève des poules pondeuses avec sa compagne Maud Guérin à la ferme de Kernivinen à Argol.

On peut être éleveur et soucieux du bien-être animal comme Maud et Jonathan qui veillent à ce que les poules pondeuses et les quelques porcs blancs de l’ouest qu’ils élèvent ne souffrent pas, soient bien soignés et ne soient pas exploités outre mesure. Ils ont même adhéré un temps au label Nature & Progrès qui renforce les exigences dans ce domaine. Ils sont fiers de leur travail : “On n’est pas issus du milieu agricole, on s’est lancé dans l’élevage parce qu’on voulait agir concrètement en faveur d’une alimentation de qualité et d’un élevage respectueux des animaux et de la planète.” 

Ne pas laisser le champ libre à l’élevage industriel

D’où l’argument des fermiers de Kernivinen : si les élevages bio ou paysans disparaissent, les seuls à fournir l’alimentation carnée aux mangeurs de viande qui restent très nombreux, ce seront les élevages industriels dans lesquels l’animal n’est qu’un objet, un “produit”.

La ferme de Kerniniven vend en direct le vendredi de 17h30 à 18h30 et aussi sur le marché de Crozon le samedi. On peut aussi trouver ses oeufs au magasin de producteurs de la ferme de KerMarZin  à Argol, au Super U du Faou et dans les magasins bio de la presqu’île de Crozon.

Pour en savoir plus sur les rapports entre animaux et humains

Un colloque international sur « l’Animal & l’Homme » (sous l’angle du droit) est organisé par le Laboratoire de Recherche en droit lab-LEX de l’UBO, les 11 et 12 octobre 2018 à la fac de droit économie gestion de Brest.

Notre vision de l’animal dit beaucoup de nous les humains : suivez le blog de Sergio Dalla Bernardina qui est professeur d’ethnologie à l’université de Bretagne ouest, responsable du séminaire d’anthropologie de la nature “Ordre naturel et bricolages humains” et qui examine justement la question avec beaucoup d’humour.