Alain Menesguen : 30 ans d’étude des proliférations d’algues vertes | sur le 100.4 FM - Vous souhaitez partager une information ? Contactez nous au 02.98.81.00.21
 Vendredi 18 Janvier 2019 | sem. 03 |  | Bienvenue sur le site de la radio de l'aulne maritime.
Votre message à l'antenne ? 09.64.43.96.91
 

Actualités locales

Alain Menesguen : 30 ans d’étude des proliférations d’algues vertes

Publié le 18 octobre 2018 par admin

Chercheur océanographe biologiste de l’Ifremer aujourd’hui retraité, Alain Menesguen a scruté pendant trente ans la prolifération des algues vertes ou brunes, sur le littoral breton ou d’autres sites dans le monde entier. Il explique tout dans son livre Les marées vertes, 40 clés pour comprendre, paru aux éditions Quae.

 

En Bretagne, ce sont les ulves, des algues vertes, qui ont proliféré depuis les années 1980 sur certaines côtes. 139 sites bretons sont touchés par ces marées végétales sur l’équivalent de 611 terrains de football. Alain Menesguen a commencé à étudier le phénomène en 1988, au départ du point de vue physique, puis sous tous ses aspects.

Un phénomène coûteux et dangereux

Outre les coûts de ramassage (obligatoire) pour les communes – sans parler des coûts de traitement et du manque à gagner touristique – ces algues sont surtout dangereuses : quand elles sont coupées et qu’elles s’entassent en pourrissant sur les plages, elles peuvent générer un gaz très toxique : l’hydrogène sulfuré.

Les trois facteurs de prolifération

Au départ, les ulves se fixent sur les rochers ou d’autres algues car elles ont d’abord besoin de lumière. Elles ne se développent pas en eau trouble.
Ensuite, elles se déchirent facilement et bouturent à l’infini en suspension dans l’eau. Donc si les courants ou les tempêtes les dispersent, elles ne prolifèrent pas… il faut du confinement pour qu’elles se développent : les lagunes sont les plus touchées (Venise) mais aussi les fonds de baies bretonnes, comme la baie de Douarnenez.
Enfin telles des orties de la mer, les algues vertes ont grand besoin d’azote. A l’état naturel, l’eau de mer en contient peu. Mais quand une rivière côtière fournit cet azote, les algues vertes en profitent ! La concentration en nitrates des rivières bretonnes a été multipliée par dix depuis les années 1950. En Bretagne, ce surplus est d’origine agricole (à 95%). Dans d’autres secteurs, ce sont les rejets urbains mal ou non traités qui apportent des nutriments aux algues vertes.

Lessivage des sols agricoles

Les pluies, le ruissellement, entraînent un lessivage des sols agricoles très chargés en nitrates (lisier animal ou engrais artificiel) et c’est ainsi que les rivières se chargent en azote. Ainsi, si l’été est sec, comme en cette année 2018, le lessivage est réduit, l’apport d’azote limité, et les algues vertes sont moins nombreuses. Ceci dit, il faut tenir compte du fait que l’azote peut être stocké pendant plusieurs années dans les nappes phréatiques quand elles existent et ressurgir régulièrement pendant une longue période.

Plans de lutte et résultats

Plusieurs plans ont été mis en place pour limiter la prolifération des algues vertes depuis 2007 sur les 8 bassins bretons les plus touchés. La participation des agriculteurs y est volontaire. Ces plans consistent à limiter les épandages et rejets de nitrates et à créer des zones humides qui filtrent l’azote avant qu’il n’arrive en mer. Au delà de ces plans, on commence à constater partout les résultats de changements des pratiques agricoles : baisses des cheptels, diminution des usages d’engrais chimiques, etc. De fait, les algues vertes sont moins nombreuses. Cette année, ce sont les algues brunes qui ont proliféré sur nos côtes, elles sont moins demandeuses d’azote que les vertes. Ce pourrait donc être un autre signe de la baisse des quantités de nitrates dans les sols bretons même si ces algues brunes ont elles aussi des inconvénients.

Les marées vertes, 40 clés pour comprendre, Alain Ménesguen, Quae, Edition 2018

Tags: , , , , , , , , ,

 
Contact mail : contact{@}radioevasion.net | Adresse : Radio Evasion, Place aux foires, 29590 Le Faou | Téléphone : 02.98.81.00.21 | Répondeur : 09.64.43.96.91