Le numérique a révolutionné le tourisme comme tous les autres domaines. Des entreprises innovantes et créatives ont vu le jour partout en France – première destination touristique au monde – comme e.mage in 3 D à Camaret. Mais confrontée à la multiplicité des décideurs, des offices, des échelons territoriaux, la filière économique peine à se structurer et à s’imposer face aux géants internationaux.

 

 

E.mage in 3D qui emploie 12 personnes à Camaret-sur-Mer est la preuve qu’on peut être une start-up de taille honorable, en croissance continue et rentable, même à l’extrême ouest de la France. Cependant, son dirigeant David Pliquet déplore que le “mille-feuilles” touristique français empêche l’organisation d’une filière économique bien structurée, avec de gros opérateurs qui en feraient travailler de plus petits, à l’échelle de tous les territoires, puisque toutes les régions ont leurs atouts touristiques. La France a beau être le pays le plus visité au monde par les touristes, ce sont trop souvent les Gafam (géants du numérique américains comme Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) qui imposent leurs produits de tourisme digital, qu’il s’agisse d’applications mobiles de valorisation du patrimoine ou de solutions de réservation pour l’hôtellerie.

Imagination ouverte mais paysage économique et administratif encombré

Pourtant, la créativité et les compétences existent, dans le Finistère comme dans de nombreux autres territoires. En témoignent les réalisations et projets de la start-up de Camaret : visites de monuments à 360°, reconstitutions en réalité virtuelle 3D ou répliques d’œuvres en impression 3D pour favoriser l’accessibilité des musées aux personnes déficientes visuelles… La gamme des produits est presque illimitée. L’imagination est là, reste à créer l’environnement économique, administratif et juridique favorable pour permettre aux entreprises du numérique pour le tourisme de s’épanouir pleinement.