En agriculture bio, les “contraintes environnementales” deviennent des atouts, au bénéfice de la production mais aussi de la santé de tous et de l’état de la planète. La maison de la bio (Mab) et le Groupement des agriculteurs bio (Gab) du Finistère aident les paysans à favoriser la biodiversité dans leurs fermes.

Le site internet de la Mab 29 et celui du Gab 29 

 

Les études ses succèdent et le confirment : la biodiversité est en péril. Le nombre d’espèces animales et végétales mais aussi les effectifs au sein de chaque espèce s’effondrent dans le monde entier. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) constate que 30 % des colonies d’abeilles sont mortes en France pendant l’hiver 2017-2018 ; le WWF que nous avons perdu en 40 ans 60 % des populations d’animaux sauvages sur Terre.

L’écosystème plutôt que les produits chimiques

Le cahier des charges de l’agriculture bio est commun à tous les pays d’Europe et il est réglementaire ; il interdit tout intrant de synthèse, qu’il s’agisse des produits de lutte contre les ravageurs ou des engrais. Autant l’agriculture conventionnelle a tendance à associer un produit à un problème, autant les agriculteurs bio doivent raisonner plus globalement. Ils doivent penser leur ferme comme un “système” et même un éco-système pour aboutir à un équilibre entre les ennemis et les alliés de leurs productions, animales ou végétales. Par exemple, la lutte contre les pucerons, sans l’usage des pesticides, consiste à favoriser les prédateurs : mésanges, coccinelles et autres. Il s’agit donc d’aménager des espaces, de planter des végétaux qui serviront d’habitat à ces espèces alliées. Une fois installée, cette biodiversité protégera d’elle-même la production agricole tout en permettant au paysan des économies : de carburant (moins de passage des tracteurs et autres engins agricoles) et sur l’achat de produits phytosanitaires.

Diversifier les espèces produites aussi

Outre la faune et la flore sauvage, les cultures ou les animaux élevés se porteront d’autant mieux qu’on en favorisera aussi la diversité. Si on cultive des pommes, autant multiplier les variétés car certaines d’entre elles seront capables de résister aux parasites ou maladies, contrairement à ce qui se produit en monoculture. De même, pour enrichir un sol ou rompre le cycle des ravageurs, rien ne vaut la rotation des cultures sur une même parcelle.

Pour l’agriculture bio, la biodiversité est donc un levier et non une contrainte.