L’Epaga (Etablissement public d’aménagement et de gestion de l’Aulne et de l’Hyères) remplit plusieurs missions sur le territoire du bassin versant : outre la qualité de l’eau, la prévention des inondations et la préservation des zones humides font aussi partie de ses compétences.

Le point avec Géraldine Berrehouc, chargée de mission inondations et Xavier Badé, coordinateur du Sage (Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau) Aulne et chargé des inventaires des zones humides pour l’Epaga.

Quand les rivières débordent de leur lit mineur, ce sont les crues. Quand ces débordements ont un impact sur les activités humaines, il s’agit d‘inondations. Le bassin versant de l’Aulne, du fait de ses caractéristiques géographiques (reliefs qui favorisent les précipitations) et géologiques (sols en schiste imperméable) est soumis à un régime torrentiel : les cours d’eau peuvent gonfler rapidement et entraîner des inondations en aval. Ce sont surtout les communes du bord du canal de Nantes à Brest, de Châteauneuf-du-Faou à Châteaulin, mais aussi Le Faou (rivière du Faou) ou Pont-de-Buis-lès-Quimerc’h (Douffine), qui sont sujettes aux inondations, comme en 2000 lorsqu’on avait atteint un niveau exceptionnel, ce qui avait entraîné 23 millions d’euros de dégâts.

Sensibiliser les populations au risque inondation

Pour autant, la culture du risque chez les riverains ou usagers des cours d’eau du bassin versant de l’Aulne progresse lentement. Il faut encore sensibiliser la population aux bonnes pratiques : stationnement ou circulation des véhicules en cas de risque avéré, information auprès du service vigicrues et, à moyen terme, aménagement du rez-de-chaussée, surélévation de l’alimentation électrique, etc. Des réunions d’information, animées par l’Epaga, ont lieu en cette saison hivernale dans les communes confrontées au risque inondation. Des plaquettes d’information sont régulièrement distribuées aux habitants, des ateliers proposés aux collégiens…

A plus long terme, les communes concernées se sont dotées de plans locaux de prévention, les aménagements urbains intègrent le risque inondation, les outils de prévision des crues se renforcent. Un projet d’ouvrages de ralentissement des crues est en cours (des talus installés en amont, qui ralentissent l’écoulement de la rivière).

Préserver les zones humides pour réguler quantité et qualité de l’eau

Les zones humides jouent aussi un rôle dans la régulation des niveaux d’eau. Les végétaux et les sols de ces zones agissent comme des éponges qui retiennent l’eau. Une zone humide est en fait une zone “tampon” en dessous de laquelle une nappe phréatique remonte (en hiver) ou descend (en été).
Ces espaces ont aussi une fonction de filtre à nitrates (transformés en azote) et elles retiennent phosphore, pesticides ou autres polluants.

Il existe plusieurs types de zones humides : prairies humides (à fonction agricole), tourbières, boisements humides … beaucoup de ces zones ont été détruites par des aménagements urbains (zones d’activités ou de résidence, routes) ce qui est désormais interdit. Pour les prairies humides, c’est le recul de l’élevage extensif qui menace leur pérennité.
Un inventaire, mené par les communes et coordonné par l’Epaga, est en cours pour recenser toutes les zones humides du bassin versant de l’Aulne. Il devrait être terminé en 2020. On estime que les zones humides couvrent 10% du territoire.