Extrait d’inventaire des amphores retrouvées à Carhaix – Dessin de Ninog Jaouen.

Ninog Jaouen est doctorante en archéologie, spécialisée en céramologie, l’étude des céramiques. Après les amphores de Chypre, elle s’est penchée sur celles de la cité antique de Vorgium (aujourd’hui Carhaix) pour creuser la question des productions, de la consommation et des échanges commerciaux de l’Armorique romaine.

Une émission réalisée en partenariat avec le centre d’archéologie du conseil départemental du Finistère.

C’est en participant à des fouilles à Chypre que Ninog Jaouen a fait ses premières armes de céramologue, autrement dit une archéologue spécialisée dans les céramiques. Son travail consiste donc à identifier les céramiques en fonction de leur pâte, de leur forme, de leur contenu s’il en reste des traces. Si la doctorante en archéologie s’intéresse aux amphores, c’est parce qu’il s’agit d’un des conteneurs majeurs du transport et du stockage des marchandises dans l’Antiquité. Elles étaient surtout utilisées pour le transport maritime et leur forme s’adaptait alors à celle du fond des navires où elles étaient placées. “Emballages” courants, les amphores étaient produites en nombre dans des ateliers dédiés, rarement décorées (mais parfois marquées d’une inscription) et souvent réutilisées. Le titre du projet de thèse de Ninog Jaouen est révélateur de ce que peuvent nous apprendre les amphores :  Vivre, produire et échanger dans l’Armorique romaine, le témoignage des sources matérielles : structures architecturales et mobilier céramique. 

Les amphores de Carhaix venues du sud de la Gaulle et de l’Europe voire d’Afrique

A Carhaix, Ninog Jaouen s’est donc intéressée aux différentes amphores retrouvées sur plusieurs sites de fouilles de la cité antique de Vorgium (fondée après la conquête romaine au premier siècle après JC). Les tessons retrouvés lors des fouilles archéologiques révèlent de multiples provenances, essentiellement du sud de la Gaulle et de l’Europe (Espagne, Italie) mais aussi d’Afrique du nord. Ces amphores ont contenu principalement de l’huile, du vin, du garum (condiment à base de poisson fermenté) ou encore du sel d’alun dont les usages étaient variés (travail du cuir ou du textile, cosmétique, voire alimentation…). Autant de produits que les habitants de Vorgium importaient. Ce qui démontre que la cité n’était pas isolée des grands courants commerciaux. Elle-même exportait sans doute des produits, reste à savoir lesquels et dans quelles amphores, mais la thèse de Ninog Jaouen permettra peut-être d’en apprendre davantage sur ce sujet…

Pour en savoir plus sur les amphores et la vie quotidienne en Armorique romaine

 

Le catalogue du mémoire de Ninog Jaouen sur les amphores de Carhaix

Actes d’une table-ronde Les denrées en Gaule et dans le monde antique organisée en 2017
par l’UMR 7041 Archéologies et sciences de l’Antiquité Gaule et Monde Antique (GAMA)

Une “encyclopédie” en ligne des amphores, Terre d’amphores sert à aider dans l’identification des amphores et de leurs ateliers de production.

Réécoutez notre reportage sur Vorgium et son centre d’interprétation archéologique virtuel à Carhaix.