Pour préserver l’environnement marin dans ses multiples facettes, les autorités publiques font appel à l’expertise des scientifiques, y compris des économistes qui évaluent l’efficacité des mesures prises pour sauvegarder les ressources et les milieux maritimes.

Une émission de notre thématique Lem océans avec Rémi Mongruel, chercheur économiste à l’Ifremer à Plouzané, spécialiste des évaluations économiques en appui aux politiques de protection de l’environnement marin et coordinateur de plusieurs grandes expertises scientifiques récentes. Il est membre du laboratoire de l’UMR Amure (Unité mixte de recherche 6308 – Aménagement des Usages des Ressources et des Espaces marins et littoraux).

L’Union européenne a mis en place une politique qui prend en compte les océans et le milieu marin dans leur globalité. Alors qu’autrefois on compartimentait les activités humaines liées à la mer, les directives européennes tentent de lier désormais les politiques qui touchent à la pêche, au transport maritime, à la conchyliculture, au nautisme, au tourisme, à l’environnement côtier, aux énergies marines, etc.
La question de la préservation du milieu maritime et de sa compatibilité avec les activités humaines fait donc intervenir de nombreux acteurs, des problématiques diverses, des enjeux parfois contradictoires…Il est question de ressources matérielles (poissons, algues, minerais) mais aussi immatérielles (énergie, santé, agrément, espace, ambiance sonore…). Pour faire face à cette complexité, les décideurs s’appuient donc sur les scientifiques : des écologues, mais aussi des économistes ou des juristes comme les chercheurs de l’UMR Amure.

La dimension économique de la préservation de l’environnement marin

Pour orienter les politiques dans leurs décisions, les économistes sont chargés d’évaluer plusieurs éléments : ils peuvent chiffrer l’impact des activités humaines sur les milieux naturels, notamment le coût des pollutions et dégradations. Ils peuvent aussi mesurer l’efficacité des mesures prises pour préserver les environnements côtiers ou marins. Ils peuvent également estimer les services écosystémiques rendus par l’océan, autrement dit les “biens communs” et “biens publics” naturels indispensables aux humains… Difficile cependant d’attribuer une valeur à un paysage emblématique ou à la dimension culturelle et patrimoniale d’un milieu naturel.  Une évaluation peut donc être économique sans forcément être marchande. En outre, on ne peut pas forcément estimer la “rentabilité” d’une politique de protection de l’environnement. Tout dépend des priorités politiques qu’on se fixe.

Est-il plus “coûteux” de prévenir ou de guérir l’environnement marin ?

Parmi les domaines de recherche explorés par les économistes comme Rémi Mongruel, le principal concerne la qualité de l’eau des bassins versants et son impact sur le milieu marin. Les travaux des économistes démontrent qu’il est moins coûteux de prévenir les pollutions que d’intervenir a posteriori pour réduire ou éliminer les contaminations des fleuves côtiers.

Pour creuser le sujet sur la valeur des services écosystémiques

Valeurs de la biodiversité et services écosystémiques
Perspectives interdisciplinaires
Philip Roche, Ilse Geijzendorffer, Harold Levrel, Virginie Maris, coordinateurs
éditions Quæ

A propos de qualité de l’eau, découvrez en deuxième partie d’émission, l’alerte lancée par plusieurs associations dont Eau et rivières de Bretagne sur la qualité des eaux de baignade et la fermeture de plusieurs plages du Finistère.