Nathalie Beylot-Layens dirige les formations EMCB d’art-thérapeute et d’ animateur à médiation artistique à Gouesnou.

Apaiser voire soigner les esprits grâce à la pratique artistique, remobiliser, réactiver des personnes très âgées ou dépressives ou handicapées, par la création ; c’est le principe de l’art-thérapie. On pourrait même évoquer les art-thérapies tant les approches peuvent varier, avec une constante cependant : tout part de la personne accompagnée. Nathalie Beylot-Layens a fondé l’EMCB, qui propose une double formation d’art-thérapeute et d’animateur à médiation artistique.

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L’art-thérapie est, comme son nom l’indique, le soin par l’art. Mais c’est un peu court… derrière cette pratique thérapeutique on trouve déjà toutes les disciplines liées aux arts et lettres mais aussi à la psychologie. Et de nombreux publics potentiels : personnes âgées, personnes atteintes de dépression, ou en situation de handicap physique, mental ou psychique, malades du cancer… Les neurosciences se penchent de plus en plus sur la question et évaluent l’aspect thérapeutique d’une pratique artistique : les effets de la musique sur des malades d’Alzheimer ont notamment été étudiés. En clinique aussi, des hôpitaux ouvrent des ateliers d’art-thérapie pour toutes sortes de patients.

L’animation et médiation artistique est quant à elle davantage destinée à des publics en difficulté sociale ou éloignés de la culture, dans le but de les reconnecter à l’art et de leur permettre d’exprimer leur créativité.

Les multiples bienfaits de la pratique créative et artistique

Dans tous les cas, apaisement, gestion du stress, développement des connexions neuronales, regain d’activité ou de confiance, re-mobilisation des souvenirs, font partie des bénéfices avérés de la pratique artistique et créative.

Les établissements de soins, Ehpad, instituts éducatifs spécialisés ont de plus en plus recours aux intervenants en art-thérapie. Les établissements scolaires, foyers de jeunes ou d’adultes peuvent s’appuyer sur la médiation artistique en complément d’une action éducative ou dans un but de réinsertion. Qu’il s’agisse de soin ou d’éducation, on cerne l’importance d’assurer une formation solide des praticiens.

Se former à l’art-thérapie sans dogmatisme en profitant de la pluralité des approches

L’EMCB – Ecole des métiers de la créativité Bretagne – propose donc deux cursus : art-thérapeute (1200 heures) et animateur à médiation artistique (630 heures) pour former à ces interventions. Il est demandé aux stagiaires d’avoir déjà une pratique artistique mais ils sont amenés à en découvrir d’autres au cours de la formation : photographie, arts plastiques et graphiques, danse et arts du mouvement, musique, masques, théâtre, clown…

En effet, en art-thérapie comme en médiation artistique, l’essentiel est de partir de son public ou de son/sa patient(e) pour s’adapter à lui/elle, sa situation personnelle, sa psychologie, y compris celle du moment de la séance. Une séance d’art-thérapie peut être individuelle ou collective (en petit groupe) mais la création reste personnelle et l’accompagnement l’est aussi.

L’école mêle d’ailleurs les courants et les méthodologies d’art-thérapie pour favoriser la liberté et encourager les stagiaires à innover. C’est en effet une grande force de l’art-thérapeute : sa faculté d’adaptation et l’exploration permanente !