Le Combat des Trente (entre Ploërmel et Josselin) en 1351. Détail d’une miniature tirée de la Compillation des cronicques et ystoires des Bretons (1480), de Pierre Le Baud.

Encouragés par les ducs de Bretagne, les chroniqueurs du Moyen Âge compilaient toutes sortes de documents historiques pour reconstituer le récit de leur passé. Par ce travail, parfois très rigoureux, ils ont joué un rôle précieux pour les historiens d’aujourd’hui comme Sophie Le Goff qui s’intéresse aux chroniqueurs bretons des XIV et XVe siècle.

Une émission réalisée en partenariat avec la Société archéologique du Finistère.

 

La thèse (en cours) de Sophie Le Goff porte sur la Chronique de Saint-Brieuc, rédigée à la charnière des XIVe et XVe siècles, anonyme mais dont l’auteur est certainement le garde des chartes du duché, Hervé Le Grant. Comme son nom ne l’indique pas, elle relate l’histoire de la Bretagne dans son ensemble et ne nous apprend rien de Saint-Brieuc (où elle a été conservée). Son auteur s’y enflammait avec verve pour les combats des ducs de Bretagne mais le texte n’a jamais été publié.

D’autres chroniqueurs bretons ont eu plus de succès et de renommée : Guillaume de Saint-André, Pierre Le Baud, Alain Bouchart. Tous étaient à la fois passionnés par l’histoire locale et encouragés par les Montfort, ducs de Bretagne après la guerre de Succession, qui attendaient de leurs chroniques qu’elles assoient leur pouvoir. Les chroniqueurs rapportent donc essentiellement l’histoire politique et militaire, pas la vie quotidienne des Bretons. Cependant, la façon dont ils abordent les sujets et interprètent les faits peut nous éclairer sur l’état d’esprit de l’époque.

Instruments de la volonté d’indépendance des ducs de Bretagne

Contrairement aux historiens médiévaux, les chroniqueurs travaillaient sur les époques antérieures à la leur, en remontant le plus loin possible, donc jusqu’aux légendes et mythologies antiques. Ils compulsaient toutes sortes de documents historiques aujourd’hui disparus : traités de diplomatie, chartes et contrats, bulles pontificales, etc. La plupart écrivaient en français, certains en vers.

Evidemment, les chroniqueurs cultivaient un point de vue particulier sur les relations entre la France et la Bretagne… dans le sens de leurs “commanditaires” les ducs. Leur récit affirmait la souveraineté d’un duché qui aspirait à s’affranchir de la tutelle des royaumes de France et d’Angleterre.

Bibliographie

Compillation des cronicques et ystoires des Bretons, 2018, Pierre Le Baud. Karine Abélard (Édition établie et commentée par), éditions Presses universitaires de Rennes, collection : Sources médiévales de l’histoire de Bretagne Format : 22 x 28 cm. Nombre de pages : 632 p. ISBN : 978-2-7535-6522-7

Aux origines d’un sentiment national. Les chroniqueurs bretons de la fin du Moyen Age, Bulletin de la société archéologique du Finistère, 1980.