Larve de salamandre – photo Captainjack0000

En hiver, les amphibiens commencent à se reproduire : les crapauds et les grenouilles pondent leurs colliers d’œufs. Les salamandres ont gardé les leurs en elles depuis l’automne et elles relâchent leurs petits dans l’eau en début d’année. Les tritons vont se donner rendez-vous dans la mare pour une danse de séduction et une ponte soigneusement dissimulée sous les plantes aquatiques. Point commun à toutes ces espèces : mares et zones humides sont indispensables à leur reproduction.

Anouck Bonjean, responsable du label “refuge grenouilles” pour l’association Eau et rivières de Bretagne

L’hiver, les amphibiens vivent dans la forêt, sous les feuilles ou les troncs d’arbres. Mais crapauds, grenouilles, salamandres et tritons ont absolument besoin d’eau pour se reproduire.

L’eau indispensable aux jeunes amphibiens

Les amphibiens sont protégés, il ne faut pas les toucher ni les déplacer mais on peut les observer…et il y a beaucoup à voir. Les crapauds qui s’accouplent, ce sont des mâles très accrochés aux femelles (ils sont parfois plusieurs sur une seule partenaire) dont les œufs en chapelet se développeront dans un peu d’eau. Les grenouilles rousses sont les premières à déposer leurs pontes dans des zones humides dès janvier, suivront les grenouilles agiles, les vertes en mars… Piètres nageuses, les salamandres sont ovovivipares. Les femelles gardent en elles leurs œufs (fécondés en automne) jusqu’à éclosion et les petits sont déposés dans l’eau pour poursuivre leur développement jusqu’à l’âge adulte. Quant aux tritons, ils se donnent rendez-vous dans la mare où ils perdent leur peau, la mangent et se parent de jolies couleurs propices à la séduction. Au terme de sa danse de charme aquatique, le mâle ensemence les œufs  ; la femelle les dissimulera soigneusement un par un sous les végétaux de la mare.

Les amphibiens respirent par la peau qu’ils doivent donc conserver humide et ce système respiratoire met du temps à se développer dans l’eau. Par ailleurs, le milieu aquatique fournit toute la nourriture nécessaire aux têtards : plantes aquatiques ou larves de d’insectes.

Préserver les mares et zones humides : un label “refuge grenouilles”

Très menacés, les amphibiens ont donc absolument besoin de points d’eau de bonne qualité. D’où l’idée d’Eau et rivières de Bretagne de faire labelliser les mares, zones humides ou lavoirs qui sont de véritables petites réserves naturelles. On peut même créer sa mare. Pour qu’elle soit labellisée “refuge grenouilles”, il faut respecter les consignes suivantes :

  • Utiliser une eau non polluée, non potable et surtout pas de cours d’eau détourné : attendre que l’eau de pluie remplisse le trou (avec un fond d’argile ou une bâche en plastique)
  • Ne pas déplacer les espèces animales (elles viendront toutes seules dans votre mare)
  • Ne pas introduire de plantes invasives ; pour favoriser les végétaux aquatiques, un peu de terre récupérée près d’une autre mare permettra d’ensemencer la vôtre.
  • Aménager des pentes douces et des accès à la mare (un lavoir peut être labellisé “refuge grenouilles” s’il a une porte de sortie, pour la salamandre notamment, qui nage très mal)
  • Les pesticides sont désormais interdits dans les jardins, tant mieux, il faut absolument s’en passer pour que les insectes (moustiques) soient présents et puissent nourrir les amphibiens.
  • Pas de poissons rouges non plus : ils sont trop gloutons et dévorent tous les habitants de la mare !

Plus le plan d’eau est grand, plus il se régulera rapidement, mais la surface d’une mare peut être réduite (à partir de 3 mètres carrés). Un étang (plus vaste) requiert une autorisation.

Enfin, un plan d’eau, ça s’entretient ! Eau et rivières de Bretagne vous transmettra le guide destiné aux propriétaires de “refuges grenouilles” labellisés. Il en existe une cinquantaine en Bretagne.

Réécoutez le Lem consacré à la création du label “refuge grenouilles” avec le témoignage du premier Finistérien à l’avoir reçul.