En image : une des photos de la série Murs de l’Atlantique, par Julie Hasöet.

Après Pascal Perennec et Erwan Amice, troisième portrait d’une photographe du Finistère : Julie Hascoët n’a pas encore trente ans mais elle a déjà sillonné bien des territoires pour en capter les images, avec une prédilection pour ce qui est en marge et éphémère. 

 

Originaire de Douarnenez, Julie Hascoët voyage beaucoup et s’est longtemps éloignée de la Bretagne. Elle vient tout juste de reposer ses valises à Brest mais le nomadisme la guette cependant toujours…

Pendant ses études de photographie, elle travaillait l’abstrait et les natures mortes recomposées. Même si elle privilégie désormais la lumière naturelle, elle garde cette attirance pour les objets qui semblent laissés dans un coin et finissent par composer une beauté dans leur cadre. Des “rebuts”, des morceaux de territoires informes, des moments fugaces…c’est ce qui attire Julie. Paradoxalement, elle travaille en photographie argentique et doit donc être économe en prises de vue.

Une géographie des non-lieux

Emblématique de son travail, la série Murs de l’Atlantique parcourt les free-parties dans les blockhaus bretons, le long de l’océan. Des non-lieux par excellence, des scènes où se mêlent l’éphémère des fêtes sauvages et le durable du béton de ces bâtiments ni tout à fait ruines, ni tout à fait patrimoine. Des images prises à l’heure bleue, entre le coucher du soleil et la nuit…

On voit peu de “grand paysage” dans le travail de Julie Hascoët et s’il y en a, il est souvent parsemés de traces humaines.
Et quand elle explore un territoire, comme Chartres-de-Bretagne et ses villes jumelles, c’est pour en capter les sites “non répertoriés”, plutôt que les points d’intérêts emblématiques.

Hybridation des expressions et des médias

Zines of the zones auquel elle participe reste dans cet esprit. Ce mouvement artistique associe fanzines photographiques, petites éditions, expositions avec d’autres photographes ou des artistes graphistes et plasticiens.

Il témoigne aussi du goût de Julie Hascoët pour la diversité des supports et des expressions. La photo n’est jamais isolée ; déjà quand on l’expose se pose la question du montage. Julie conçoit aussi ses expositions comme des installations hybrides auxquelles elle peut ajouter de la musique. Si Julie vient au numérique, ce sera pour s’essayer à la vidéo. Logique, car ce qui intéresse la jeune femme c’est la processus, le mouvement, davantage que le résultat final.

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