De 2000 à 2015, Bretagne vivante a étudié de près les papillons diurnes de la région ; elle en a répertorié 86 espèces qui sont décrites dans un atlas. Le point sur ces insectes délicats, leur écologie et leur état de santé, pas toujours rassurant.

Luc Guihard est naturaliste pour l’association Bretagne vivante – SEPNB ; il s’appuie sur l’Atlas des papillons diurnes de Bretagne, Collectif Bretagne Vivante, 324 pages, Locus Solus collection Nature.

Les 4 vies du papillon

Le papillon est un lépidoptère (“ailes écailleuses”) qui connaît quatre états : œuf, chenille, chrysalide et imago (papillon adulte). La durée de ces phases varie selon les espèces. L’alimentation de la larve (chenille) est composée d’herbes et de feuilles, tandis que le l’adulte se nourrit de nectar et joue donc un rôle de pollinisateur au même titre que les abeilles et les bourdons.

Une centaine d’espèces de papillons de jour en Bretagne

L’étude scientifique et participative menée par Bretagne vivante de 2000 à 2015 a permis de recenser 86 espèces de papillons implantés dans notre région. Il s’agit des papillons de jour, les papillons de nuit bretons sont estimés à 300 espèces (observation en cours). Ils se trouvent majoritairement à l’intérieur des terres mais il en existe quelques-uns sur les îles et les côtes bretonnes.

En fait, pour chaque milieu il existe un papillon (ou presque) : dunes, tourbières, prairies, forêts, etc. De même que de nombreux papillons sont attachés à une plante ou un arbre qui sert d’hôte pour la chenille, donc pour la ponte.
Les prédateurs naturels des papillons de jour sont essentiellement les oiseaux et aussi les araignées. Les couleurs des ailes des imagos sont plutôt destinées à l’identification entre espèces, mais elles leur permettent parfois de se camoufler (Robert-le-diable) ou d’impressionner les prédateurs.

Témoins de la santé de l’environnement

Les plus connus sont le Machaon, le Paon-de-jour, le Vulcain (en illustration ci-dessus). Seulement 2 espèces sont protégées. L’étude de Bretagne vivante a cependant montré que le nombre d’espèces et l’effectif global des papillons diminuait chroniquement (trois espèces ont disparu de notre région ces 15 dernières années).

Les causes de la disparition des papillons sont multiples : usage des pesticides, circulation automobile et disparition des habitats (tas de bois, haies bocagères, zones humides, prairies et fleurs sauvages).
Pour attirer les papillons dans votre jardin, rangez votre débroussailleuse et préservez les fleurs sauvages locales composées (Asteracées) qui nourrissent les adultes (ils ne s’intéressent pas aux plantes exotiques puisqu’ils ne les connaissent pas) : violettes, primevères, myosotis, pissenlits, coquelicots…