La forêt nous rend de nombreux services, écologiques et économiques. Sensibiliser le public à ces bénéfices est l’une des missions de l’ONF (Office national des forêts), avec la sylviculture et l’exploitation du bois. 

Marc Pasqualini, maire du Faou et agent ONF dans le centre Finistère

L’Onu organise chaque 21 mars depuis 6 ans une Journée internationale des forêts, pour attirer l’attention sur l’importance de ces espaces. Les forêts et l’éducation sont le thème de l’édition 2019. 

Un milieu géré par les humains

Peuplées d’arbres, mais pas seulement, et rarement totalement naturelles, les forêts sont en fait gérées par les humains qui les entretiennent voire les cultivent pour en exploiter le bois ; on parle alors de sylviculture. En France, l’ONF – Office national des forêts –  exploite les forêts domaniales (d’Etat) et souvent celles des départements et des communes. Dans le Finistère, les forêts couvrent peu de surface mais elles sont appréciées et surtout concentrées au centre du département : Huelgoat, Cranou, Névet… L’ONF en exploite le bois, assure le renouvellement des arbres et la lutte contre les maladies (actuellement en particulier les Mélèzes du Japon frappés par un champignon). En presqu’île de Crozon-Aulne maritime, la forêt du Cranou va faire l’objet d’un plan d’accueil des visiteurs, avec quelques aménagements d’ici 2020. 

La forêt alliée de l’environnement 

Les utilisateurs de la forêt sont nombreux et leur cohabitation ne va pas forcément de soi (entre chasseurs et promeneurs par exemple). C’est aussi à l’ONF d’assurer la compatibilité des usages. En l’absence de grands prédateurs comme les loups ou les ours, la chasse reste indispensable pour réguler la population des chevreuils qui, trop nombreux, empêcheraient les arbres de pousser et la forêt de se développer (ils raffolent des jeunes pousses). 
La forêt rend de nombreux services écologiques : les eaux qui l’environnent sont très pures puisque les produits phytosanitaires sont absents de la sylviculture. A l’échelle planétaire, les forêts absorbent environ 30% du dioxyde de carbone. Enfin, la forêt est un milieu d’accueil de la biodiversité, surtout si elle permet à des essences arboricoles variées de se côtoyer. Pour ces raisons, les forestiers se gardent de pratiquer la monoculture.

Plus d’emplois dans la filière bois que dans l’automobile

La sylviculture consiste plutôt à tirer profit des interactions naturelles entre les arbres, entre arbres et champignons, arbres et animaux, etc. Et cette gestion “écosystémique” est compatible avec l’exploitation économique du bois. En France, la filière bois dans son ensemble (de la plantation à la transformation) emploie davantage de personnes que l’industrie automobile ! 

En outre, c’est désormais démontré, se promener régulièrement dans la forêt renforce les défenses immunitaires. Un médecin immunologiste japonais s’est penché sur la question, le docteur Qing Li, auteur du livre Shinrin Yoku, l’art et la science du bain de forêt.