Après ses traversées océaniques en solitaire, la véliplanchiste Raphaëla Le Gouvello est devenue économiste. Elle vient de passer sa thèse sur l’économie circulaire maritime, en étudiant particulièrement le cas de la sardine en pays de Cornouaille. 

Titre de la thèse réalisée à l’ UMR- Amure – UBO  avec qui nous réalisons une émission par mois : l’économie circulaire appliquée à un système socio-écologique halo-alimentaire localisé: caractérisation, évaluation, opportunités et défis. 

 

Quand la recherche est aussi une aventure 

Vétérinaire en aquaculture, Raphaëla Le Gouvello connaît déjà par son métier les problématiques de l’économie maritime. Mais ce sont ses traversées en solitaire en planche à voile qui l’ont définitivement convaincue de la nécessité de préserver cette richesse qu’est l’océan. Entre 2000 et 2006, elle a ainsi traversé et observé de près l’Atlantique, la Méditerranée, le Pacifique et l’océan Indien. Comme d’autres de ses collègues navigatrices (Ellen MacArthur, Catherine Chabaud, Isabelle Autissier), elle s’est demandé comment concrètement rendre notre relation à la mer plus durable, et elle s’est donc lancé un nouveau genre de défi : passer une thèse de doctorat. Son sujet était également un défi : l’économie circulaire. Parce que ce n’est pas encore un domaine scientifique reconnu par l’université. Le domaine académique qui s’en approche le plus c’est l’écologie industrielle et territoriale. 

L’économie circulaire appliquée à l’océan

L’économie circulaire se définit par opposition à notre système actuel : l’économie linéaire, qui extrait des ressources, les utilise et les rejette comme déchets. Selon l’Ademe, l’économie circulaire vise, a minima, à limiter le gaspillage des ressources et l’impact environnemental, et à augmenter l’efficacité à tous les stades de l’économie des produits. En fait, cela suppose un changement de modèle, et donc de mentalités. Dans le cas de l’économie maritime, une économie circulaire peut tout aussi bien concerner la production énergétique (en particulier éolien flottant, hydrolien, houlomoteur) que la fabrication des navires ou bateaux de plaisance ou encore bien sûr, l’aquaculture et la pêche. C’est à ce dernier sujet que s’est consacrée Raphaëla Le Gouvello.   

Le cas de la sardine en pays de Cornouaille 

Avec le soutien de la CCIMBO de Quimper, elle a concentré ses travaux sur la sardine pêchée en pays de Cornouaille, dans les ports du Pays bigouden, ou des quartiers maritimes de Douarnenez et Concarneau. La chercheuse a pu constater que la majorité des poissons pêchés localement sont consommés hors du pays de Cornouaille alors que.les conserveries locales importent des sardines pêchées ailleurs. On est donc encore loin de l’économie circulaire dans le cas de la sardine cornouaillaise. 

Les travaux de Raphaëla Le Gouvello encourageront peut-être la filière pêche – aquaculture à mieux s’organiser pour réduire le transport, la consommation d’énergie, et donc les coûts et l’impact environnemental de ces activités économiques. La désormais docteure en économie poursuit par ailleurs son action dans l’association Respectocéan, qu’elle a fondée. C’est un réseau des entreprises liées à la mer qui encourage le développement et le partage des pratiques respectueuses de l’environnement maritime.  

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