Pour étudier le développement des écosystèmes marins, la communauté scientifique se tourne depuis plusieurs années vers la bioacoustique. Science alliant la biologie à l’acoustique, elle consiste à enregistrer les fonds marins afin de déterminer les sons émis par la faune sous-marine. 

Crédit sons : Delphine Mathias

La rencontre d’une acousticienne et d’un biologiste

À Plouzané, nous avons rencontrés deux chercheurs qui travaillent ensemble sur les réponses des invertébrés, notamment des coquilles St Jacques en rade de Brest, aux bruits qui leurs sont imposés par les activités humaines. Delphine Mathias travaille pour la société Somme, en acoustique sous-marine passive. Elle y étudie la faune marine et l’impact des sons émis par les activités humaines sur celle-ci. Elle travaille régulièrement avec Laurent Chauvaud, qui, lui est biologiste. Directeur de recherche au CNRS, il travaille à l’Institut universitaire européen de la mer au sein du laboratoire des sciences de l’environnement marin et pour le laboratoire international BeBest sur la mise au point de nouveaux descripteurs de l’état de santé des écosystèmes côtiers.

L’étude d’un écosystème marin

L’enregistrement des fonds marins, qui se fait avec un hydrophone, permet de dresser un paysage sonore composé des sons produits par la faune marine, par les conditions météorologiques et par les activités humaines. L’étude des enregistrements donne, par la suite, des informations sur l’état de santé des écosystèmes étudiés. Le comportement de la faune marine, étudié par rapport aux sons qu’elle émet, permet de déterminer si un dysfonctionnement a eu lieu au sein de ces écosystèmes, suite à une exposition aux bruits des activités humaines.

Un projet musical

Ensemble, Delphine Mathias et Laurent Chauvaud étudient plusieurs écosystèmes marins, notamment en rade de Brest, en Antarctique et au Sptizberg, zone de l’Arctique encore peu touchée par les activités humaines. Leur travail les a amenés à collaborer avec la salle des musiques actuelles de Brest, La Carène. Dans une optique de mêler art et science, ils ont développés le projet SONARS. Il conjugue ainsi les enregistrements sonores effectués par Delphine Mathias au travail de trois artistes musiciens : Maxime Dangles, François Joncour (Poing) et Vincent Malassis. L’évolution du projet est à suivre sur sa page Facebook, ici.

Pour en savoir plus sur le travail des chercheurs 

Impact des sons anthropiques sur la faune marine, S. Chauvaud, L. Chauvaud, A. Jolivet, coord., éditions Quae

Laurent Chauvaud et Delphine Mathias accompagnés d’ Erwan Amice, photographe sous-marin professionnel

Delphine Mathias au Sptizberg

Courantophone