Décrite comme la “science de l’affectivité”, l’haptonomie est une pratique qui associe le toucher et l’écoute de ses émotions. Plusieurs séances permettent de se retrouver dans son entier : corps et esprit. On peut aussi communiquer par le toucher avant la naissance de son bébé.

L’haptonomie est un vaste univers que nous font découvrir deux spécialistes : Carole Kerbiriou qui pratique à Douarnenez et Frédéric Garguillo, Toulousain de passage en Finistère.   

 

Retrouver le sens du toucher 

Haptonomie vient de 2 termes grecs hapsis / haptein désignant le toucher, le lien, le tact et nomos qui signifie la norme, la règle. Mais dans cette pratique, il ne s’agit pas de s’imposer des contraintes extérieures ni de rentrer dans un standard. Au contraire, il s’agit de trouver sa propre voie vers ses sensations et le lien équilibré entre corps et esprit, autrement dit la totalité de ce que nous sommes. Nos vies occidentales sont souvent très appuyées sur l’intellect et lui seul. On oublie que nous sommes aussi faits de chair et que la peau est le plus vaste organe de notre corps. Le toucher peut réveiller en nous-même de nombreuses émotions (trop) enfouies. Et il peut aussi renouveler notre rapport aux autres humains, voire aux animaux. Comme les dimensions psychologiques et le physiques sont intimement liées, un parcours d’haptonomie commence tout simplement par un échange verbal entre le/la patient(e) et le/la praticien(n)e. 

L’haptonomie, d’avant la naissance jusqu’à la mort 

Contrairement au massage qu’on peut envisager comme un moment de détente à “consommer” en une seule séance, l’haptonomie doit être envisagée comme un parcours au cours duquel on va renouer avec des sensations qu’on avait peut-être ignorées ou laissées de côté. 
La grande force de l’haptonomie c’est qu’elle peut intervenir avant même la naissance puisque le toucher est le premier sens qui se développe (au bout de 8 à 11 semaines de vie in utero). C’est d’ailleurs pendant la grossesse, et dans la sphère péri-natale (y compris après la naissance) que l’haptonomie est le plus souvent pratiquée en France, entre les parents et l’enfant. Mais l’haptonomie peut aussi bien aider un couple dans le cadre d’une démarche de procréation médicalement assistée ou d’une crise, un individu (enfant ou un adulte) qui en éprouve le besoin, une personne dans le coma ou en fin de vie. Dans certains hôpitaux, le personnel soignant se forme d’ailleurs aux techniques d’haptonomie qui peuvent être aidantes en cas de maladie ou de traumatisme physique. 

Pas de schéma pré-établi mais une écoute dans l’accompagnement 

Passer du contact au tact, être à l’écoute du rythme de la personne, pendant la séance mais aussi entre les séances… le praticien en haptonomie s’adapte perpétuellement à la personne, au couple ou à la famille qu’il accompagne. Il est là pour le ou les aider à trouver du sens et à assumer ses/leurs choix en toute connaissance de cause, en ayant tous les éléments, y compris ceux qui viennent de l’intérieur et de la corporalité.