Ingénieur du son à Radio France pendant toute sa carrière, Jean-Marie Porcher nous raconte sa passion pour la matière sonore et son amour de l’écoute.

Curiosité technique et amour de l’écoute

Invité du festival Longueur d’ondes à Brest en 2019, Jean-Marie Porcher y est intervenu sur son métier : ingénieur du son pour la radio.

Dès 5 ans, il demandait s’il y avait de « petits messieurs qui parlaient dans le (gros) poste de radio » ; les explications techniques de son père l’ont tout de suite intéressé : « écouter est ce que j’aime le plus au monde, je vivrais bien plus mal d’être sourd que d’être aveugle ».

Au cours de sa formation à différentes techniques d’ingénierie sonore, c’est la radio qui le séduit, en particulier sa simplicité ; il est impressionné en particulier par la bande magnétique et l’art de couper le son avec des ciseaux (à l’époque).

Des locales de Radio France au reportage de guerre

Ses 40 ans de carrière à Radio France sont riches et variés : d’abord en studio pour des pièces radiophoniques (et la magie de l’ambiance sonore et du travail des bruitages), un passage dans les radios pirates, le démarrage de radio 7 et l’une des premières locales de France à Melun, la prise de son musicale, puis magazine et en actualité. C’est alors le reportage de guerre qui le marque le plus malgré les conditions de travail très difficiles, en particulier la vie des civils et leur recherche de « normalité » même dans un contexte chaotique. En outre, les moyens techniques alloués par Radio France en situation de conflit sont illimités ou presque.

C’est en Irak qu’il réalise le premier reportage stéréo en zone de guerre ; la liaison satellite et la compression mp3 permettent de diffuser cette stéréo …en 2003 !   Pour lui, c’est l’arrivée du satellite pour transmettre le son dans les années 1990 qui constitue une vraie rupture : on peut enfin envoyer du son de qualité, même de très loin. Fini le son incertain du téléphone qui donne l’impression de distance, les reporters doivent revoir toute leur façon de travailler ; l’enregistrement d’ambiance prend tout son sens et c’est le début de l' »immersion sonore » (bien avant le multicanal) y compris donc dans les situations de conflits armés.

A propos de l’évolution de notre univers sonore

Forcément touché par l’ambiance sonore de notre monde, Jean-Marie Porcher nous livre ses impressions sur l’artificialisation de cette ambiance, le métier de designer sonore, et, par réaction, l’audionaturalisme et l’écoute des sons de la nature pour en percevoir les évolutions.