Ils viennent d’Afrique ou du Pakistan, ils sont mineurs mais estimés majeurs par les services sociaux du Finistère et ils se retrouvent dans la rue… Un collectif citoyen s’est formé pour les héberger, les aider dans leurs démarches et leur proposer formation et activités culturelles ou sportives. Jusqu’à créer l’association Temps partagé qui aide actuellement une quarantaine de jeunes.  

Le site internet de l’associationTemps partagé

La page Facebook de Temps partagé 

Quand un(e) jeune migrant(e) se présente comme mineur(e), la loi française oblige l’Etat et les services sociaux locaux (Conseil départemental) à le (la) prendre en charge. Pour les autorités françaises, tout l’enjeu est donc de reconnaître – ou pas – la minorité de jeunes dont l’âge approche les 18 ans et qui sont séparé(e)s de leurs parents ou orphelin(e)s.

La délicate question de la détermination de l’âge d’un adolescent 

Entretien sur le parcours personnel, avec jeu de questions-réponses serré pour détecter d’éventuelles contradictions ou des mensonges, intervention d’interprètes par téléphone et pas toujours fidèles, puis, s’il le faut examen radiologique du squelette pour en évaluer l’âge osseux, la détermination de l’âge reste sujette à caution en l’absence de preuves administratives. Quand on a quitté son pays – quelle qu’en soit la raison – on n’a pas toujours la copie certifiée conforme de son acte de naissance…

Au niveau national, en 2014, 60 % des jeunes non accompagnés étaient reconnus comme mineurs ; actuellement, on est à 40 % et la tendance à la baisse se poursuit. La non-reconnaissance de minorité devient un “outil politique” pour refuser la prise en charge légale (obligatoire en France pour tout jeune de moins de 18 ans, quelle que soit sa nationalité). Et c’est le cas dans le Finistère où, depuis 2016, les jeunes réfugiés sont plus nombreux ; d’autres régions, qui ont accueilli beaucoup de mineurs, les y envoient. L’association le Temps partagé prend en charge des mineurs que le Conseil départemental ne reconnaît pas comme tels, faute de places d’hébergement ou parce que ses services sont convaincus qu’ils sont majeurs. 

Un réseau de bénévoles solidaires, toujours en cours d’organisation

Au départ, en novembre 2017, c’est un collectif de personnes (de Quimper et des environs) qui s’est formé “ad hoc” face à des situations concrètes de mineurs non accompagnés qui se retrouvaient dans la rue livrés à eux-mêmes. Au fil des besoins – hébergement mais aussi éducation et formation – l’association Temps partagé est née, afin de pouvoir toucher des aides financières, et elle aide aujourd’hui une quarantaine de mineurs isolés. Les jeunes sont scolarisés ; Temps partagé leur propose des formations qualifiantes pour des métiers en tension : aide à la personne, métiers du bâtiment, hôtellerie-restauration. D’autres associations locales apportent un soutien matériel (Secours catholique) ou juridique (Cimade, Ligue des droits de l’homme), des clubs sportifs intègrent les jeunes… Au sein de Temps partagé, plus d’une centaine de bénévoles se mobilisent, qui pour l’hébergement, qui pour l’accompagnement administratif ou juridique, d’autres encore pour donner des cours de français ou organiser la logistique.

L’association développe actuellement un réseau avec d’autres associations qui œuvrent aussi auprès des mineurs isolés, pour mutualiser les moyens. Elle recherche d’autres bénévoles en sud Finistère et elle organise une 

réunion d’information le 3 juillet 2019 à la Maison pour tous du Moulin vert à Quimper à 20 heures.