La politique de l’Etat français tient-elle compte de l’importance de la biodiversité, de la qualité des eaux et de l’environnement marin ? Plusieurs associations écologistes de Bretagne tirent la sonnette d’alarme sur la stratégie en Atlantique Nord et Manche Ouest. Elles craignent que les intérêts financiers priment sur la préservation des milieux, pourtant indispensables à la vie humaine.

Un document global pour coordonner toute la politique maritime de la France

Le document stratégique qui définit la politique de la France en Atlantique Nord et Manche Ouest vient d’être publié. Il définit les conditions de préservation de la qualité de l’eau ; mais il définit aussi des zones dans lesquelles se répartiront les différentes activités maritimes : pêche, aquaculture, extraction du maërl, transport, énergie marine renouvelable, préservation de l’eau etc. Comme il s’agit d’une transposition en droit français de deux directives européennes, il servira de socle au droit des usages maritimes. 

Une prise en compte insuffisante de l’écologie marine

Plusieurs associations dont Bretagne vivante, Des requins et des hommes, Eau et rivières de Bretagne dénoncent le manque de prise en compte de la biodiversité et de l’environnement marin en général. Alors que la moitié de l’oxygène terrestre est produite par le phytoplancton, c’est pourtant bien l’avenir de la planète qui se joue

Avec tous les acteurs de l’océan, ces associations ont participé à l’élaboration du document stratégique, sur la base d’un vaste état des lieux de l’environnement marin. Mais elles ont le sentiment que leurs préconisations n’ont pas ou peu été prises en compte, et qu’il manque des évaluations de l’impact de certaines activités humaines sur les milieux marins. Bref, le compte est loin d’y être.  

Sortir d’un “partage de la mer” prédateur 

Tant d’éléments indispensables à la vie terrestre dépendent de l’océan et sont liés entre eux : qualité de l’eau (menacée par l’acidification, les pollutions aux plastiques ou les effluents chimiques), préservation des fonds marins et des habitats des différentes espèces animales ou végétales, préservation du littoral (contre l’érosion du trait de côte et la submersion marine), lutte contre le réchauffement climatique… on appelle services écosystémiques tous les bénéfices d’un bon état de l’environnement pour l’humain. Protéger l’environnement marin, c’est préserver notre espèce à long terme. Un objectif qui ne devrait pas être sacrifié à de (gros) intérêts financiers à court terme ; et qui devrait préoccuper tous les citoyens.