Reconstitution du système hydraulique d’extraction du minerai de plomb argentifère sur l’ancien site de la mine de Locmaria-Berrien en forêt d’Huelgoat. Photo Association de sauvegarde de l’ancienne mine. 

 

Tout au long de l’histoire, un empire s’est formé autour des mines de plomb argentifère de Locmaria-Berrien. Durant des siècles, des milliers d’hommes et de femmes de cultures, de religions et d’origines différentes ont cohabité ensemble pour faire fonctionner cette exploitation au cœur des monts d’Arrée. L’association de sauvegarde de l’ancienne mine préserve la mémoire de ce passé industriel et humain.

Cela fait 28 ans que l’Asam (Association de sauvegarde de l’ancienne mine) a commencé à s’intéresser et à valoriser le passé des mines de Locmaria-Berrien.

Un passé riche et bien documenté

L’exploitation du plomb argentifère a commencé sans doute à l’époque celte, du moins en surface. Aux XVème et XVIème siècle, c’est le besoin de métal pour fabriquer la monnaie qui accélère l’essor de l’extraction d’argent ; il s’agit d’approvisionner le premier atelier monétaire de France qui s’est ouvert à Rennes. Le savoir-faire minier se développe alors en Bretagne, avec l’aide technique des Anglais, ensuite des Allemands. Dans son histoire l’atelier compte quelques directeurs étrangers qui on réussi a faire évoluer le processus d’exploitation minière.

Durant ses années de fonctionnement la mine a connu des milliers d’employés qui avaient le plus souvent de la chance de travailler là. En effet, les mineurs et leurs familles avaient à leur disposition médecins, infirmières, école et cantine ce qui était rare à l’époque. Malgré ces avantages, le travail restait dur, l’histoire de la mine a donc été jalonnée de conflits sociaux et de grèves.

Une première grève de femmes ouvrières en France

Pour obtenir des lampes à huile en lieu et place des bougies, il faut une grève. En 1767 à Poullaouën a lieu la première grève ouvrière féminine en France : les laveuses cessent le travail car la Compagnie veut baisser leurs salaires pour les aligner sur ceux de Locmaria. La grève dure 6 semaines et la direction cède aux revendications des ouvrières.  

Pour les habitants plus démunis de Basse Bretagne, l’exploitation des mines de plomb argentifère reste un bon moyen de gagner sa vie. L’exploitation est au XVIII ème siècle la seconde entreprise de France après l’arsenal a Brest, avec entre 1500 et 2000 personnes employées dans les mines.

L’importance de l’eau pour faire fonctionner la mine

Pour exploiter tout ce minerais, l’énergie principale est l’énergie hydraulique. La mine de Locmaria-Berrien puise dans la rivière d’Argent et le lac d’Huelgoat et achemine l’eau par de multiples canaux. Ils sont encore visibles aujourd’hui, tout comme une reconstitution du système hydraulique sur site. Ce système a permis de continuer a exploiter les mines 30 ans de plus que ce qui était imaginable au début, donc jusqu’en 1866.

Balade en forêt sur l’ancien site industriel minier et musée à Locmaria-Berrien

Après une balade en forêt d’Huelgoat pour découvrir l’ancien site principal de la mine, on peut approfondir sa découverte à l’espace muséal de l’Asam, au bourg de Locmaria-Berrien de mi-juin à mi-septembre. Il aborde plusieurs thèmes autour de l’exploitation minière : origine des filons, géologie, techniques minières, techniques métallurgique, évacuation des eaux… à l’aide de maquettes et de vidéos explicatives. Le mercredi, des visites guidée du site et du musée sont organisées pendant l’été.