L’association le Temps partagé à Quimper aide une quarantaine de jeunes réfugiés qui se sont retrouvés à la rue car ils n’ont pas été considérés comme des mineurs. Les bénévoles dénoncent les conditions de l’examen de minorité. 

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On les appelle officiellement “MNA” les mineurs non accompagnés. Ce sont très majoritairement des garçons, certains ont quitté leur pays avec leurs parents mais sont devenus orphelins en cours de migration. D’autres sont partis seuls. Entre 16 et 18 ans, bon nombre d’entre eux ont l’apparence d’adultes et si les autorités estiment qu’ils sont majeurs, elles se dégagent des obligations d’accueil et d’hébergement inhérentes à l’enfance. Le problème c’est l’évaluation de la minorité. 

Une évaluation de minorité sujette à caution et des délais très longs

Quand un jeune arrive sur le territoire du Finistère et se déclare mineur, il est pris en charge par le Centre départemental d’action sociale (CDAS). Théoriquement, l’évaluation de minorité doit intervenir dans les 5 jours. En réalité, les délais d’attente sont bien plus longs (jusqu’à 6 mois).

L’évaluation consiste en un (ou 2 ou 3) entretien(s) d’une heure au cours duquel/desquels de nombreuses questions sont posées au jeune sur sa vie et son parcours. Le problème, c’est souvent les difficultés d’expression en langue française ou le fait que les interprètes en langues étrangères interviennent par téléphone. On examine aussi les éventuels documents administratifs, quand il y en a. 
Les conclusions de l’évaluation sont transmises au procureur qui peut diligenter une expertise des documents d’état civil ou des tests osseux. Or, aucun test médical n’est vraiment fiable pour déterminer précisément l’âge d’un être humain. Les tests osseux sont approximatifs et dépendent du rythme de croissance de chacun. En fonction des expertises, le procureur rend la décision de reconnaissance de minorité ou non. Si la décision est négative, le jeune a deux jours pour quitter l’accueil du CDAS et trouver une nouvelle solution d’hébergement ; il a par ailleurs 15 jours pour faire appel auprès du juge des enfants. Mais étant donné les délais de traitement des dossiers, il arrive souvent que la majorité réelle du jeune intervienne et fasse cesser l’objet du recours. 

Aider l’association le Temps partagé

L’association le Temps partagé héberge actuellement une quarantaine de jeunes essentiellement venus de Guinée, du Mali et de Côte d’Ivoire. En plus du gite et du couvert, les bénévoles permettent à ces jeunes de suivre des études et de passer des diplômes (du CAP au Bac selon leur niveau d’éducation). En outre, l’association propose des temps de sports et de loisirs qui facilitent l’intégration. Pour ces activités conviviales, elle aurait besoin d’un local à Quimper ou alentour. Le Temps partagé a toujours besoin de bénévoles ou d’aide matérielle ou financière, n’hésitez pas à contacter l’association.