A l’occasion de son cinquantième anniversaire, Eau et rivières de Bretagne invite deux représentants de Nouvelle-Zélande à raconter comment le fleuve Whanganui, vénéré par les Maoris, a obtenu en 2017 une personnalité juridique. Une source d’inspiration pour les associations de protection de l’environnement qui peuvent elles aussi puiser dans la culture et la spiritualité bretonnes pour protéger les rivières et sites naturels. 

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Désormais quinquagénaire, Eau et rivières de Bretagne s’interroge sur ses modes d’action en faveur des milieux aquatiques. La sensibilisation du grand public passe certes par des messages d’ordre scientifique ou technique, mais faire référence à la culture ou à la spiritualité pourrait toucher davantage encore. Or, la préservation de l’identité bretonne, bien marquée, pourrait aussi englober le patrimoine naturel régional. Eau et rivières a donc puisé son inspiration ailleurs…jusqu’en Nouvelle-Zélande où le parlement a doté d’une personnalité juridique le Whanganui (prononcer Fanganui), le fleuve sacré des Maoris. 

La reconnaissance  juridique du Whanganui, combat des Maoris 

La décision date de 2017 et résulte d’un très long combat des Maoris pour préserver ce fleuve de 290 km, peu épargné depuis le début de la colonisation de la Nouvelle-Zélande par les Britanniques. La nouvelle loi est donc une reconnaissance de la connexion profondément spirituelle entre la tribu Whanganui et son fleuve ancestral.Deux représentants néo-zélandais viendront raconter cette histoire en Bretagne : Nancy Tuaine, d’origine maorie, directrice régionale du ministère chargé du développement du peuple Maori, et Jacob Robinson, chercheur en sciences de la terre qui vient de terminer une thèse sur les sédiments qui colmatent le Whanganui.

Tous deux participeront à la conférence “Quels droits pour l’eau ?” donnée à l’occasion de la Dour Fest, pour les 50 ans de l’association , les 25, 26 et 27 octobre 2019 à Quimperlé. 

Reconnecter l’eau à la culture bretonne 

La décision du parlement néo-zélandais est de droit anglo-saxon ; un droit dans lequel rien n’existe pour la défense du patrimoine naturel. En droit français, d’inspiration latine, des outils juridiques existent, même s’ils sont encore peu utilisés (le préjudice écologique par exemple). Sans aller jusqu’à transposer l’exemple du Whanganui à la situation des rivières bretonnes, on peut s’en inspirer. Les commissions locales de l’eau qui gèrent les Sage (Schémas d’aménagement et de gestion de l’eau) des bassins versants pourraient par exemple intégrer parmi leurs membres des artistes, des défenseurs de la langue bretonne et d’autres acteurs culturels locaux. Leur regard différent de celui des scientifiques, élus ou techniciens pourrait apporter une dimension nouvelle au combat pour la protection des eaux et rivières.