Même à l’ère numérique, les musiques traditionnelles populaires restent bien vivantes. La preuve au festival No Border à Brest : une trentaine d’artistes en concerts, une master-class, un village et un colloque du 7 au 15 février 2019.

Le festival No Border est une co-organisation du Quartz à Brest, du collectif Bretagne world sounds et de l‘association Drom, dont la coordinatrice Catherine Bihan-Loison est l’invitée du Lem. 

L’association Drom est surtout connue pour la formation certifiante qu’elle propose aux musiciens autour des musiques modales de tradition savante et populaire, la Kreiz Breizh akademi. 

Kreiz Breizh akademi, une formation professionnelle unique en son genre 

15 mois par an, 12 à 18 musiciens triés sur le volet peuvent suivre cette formation professionnelle qui n’a pas d’équivalent ailleurs en France. La huitième promotion – KBA 8 – suivra son cursus en 2020. Mêlant enseignement de techniques musicales basées sur l’entendement modal, développement d’aptitudes à la composition, improvisation, méthodes d’arrangement et jeux d’orchestre, et apprentissage des techniques de la scène et de l’enregistrement, cette formation très complète s’étend sur trois ans. Elle débouche aussi sur de la création et de la diffusion. La langue utilisée pour le chant est le breton. 

C’est l’association Drom qui porte la Kreiz Breizh akademi. Toute l’année, Drom propose également des formations plus courtes ou des ateliers, y compris pour les musiciens non professionnels ou les curieux, notamment à l’occasion des festivals. 

No Border, un festival de rencontres musicales et…de réflexion sur les musiques populaires du monte entier

Drom co-organise le festival No Border avec le collectif Bretagne(s) world sounds (dont elle est membre) et le Quartz à Brest. L’idée du festival est bien de montrer que les musiques populaires de tradition orale restent vivantes et ce partout dans le monde. Elles aussi suivent les évolutions humaines et elles se “mondialisent”, se métissent. Une trentaine d’artistes se produisent à chaque édition du festival. Cette année, ils sont kurdes, azéris, égyptiens, burkinabés, bretons, écossais ou syriens… 
Les musiciens chevronnés pourront également suivre une masterclass de chant azéri, le mugham, à l’occasion du festival. 

Un colloque sur les musiques de tradition orale à l’ère numérique

Une autre mission de Drom c’est la recherche sur ces musiques populaires, souvent non écrites (de tradition orale) et modales, donc différentes des musiques et des références “occidentales”, parfois surprenantes pour nos oreilles. Drom organise le colloque à suivre pendant No Border, les 12 et 13 décembre 2019. Intitulé “Écran total et musiques locales”, ce colloque s’interroge sur les modes de transmission mais aussi de création des musiques populaires locales du monde entier à l’ère numérique. Internet facilite certes la diffusion de musiques locales qui resteraient méconnues ou peu accessibles sans le web, mais cette diffusion ne risque-t-elle pas de standardiser ou d’uniformiser la création ? 

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