Les produits alimentaires ultra-transformés sont mis en cause pour leur impact sur la santé humaine. Du point de vue de la Maison de l’agriculture bio du Finistère, ces produits incarnent aussi un système alimentaire déconnecté des producteurs et des territoires, donc nuisible au plan écologique et social. 

Retrouvez la Maison de la bio du Finistère dans Lem le 28 janvier 2020 pour une émission sur les aliments bio en restauration collective.

Les aliments ultra-transformés sont le contraire des aliments bio. Il s’agit d’aliments dont la recette comprend de nombreux ingrédients, et parmi ces ingrédients, certains ne peuvent pas être achetés par le consommateur dans un commerce, même spécialisé. Ce sont les additifs (conservateurs, exhausteurs de goûts), dont beaucoup sont artificiels.
Visuellement, ces aliments ultra-transformés ne permettent pas d’identifier les produits de base avec lesquels ils sont fabriqués. Comment reconnaître le poulet dans les nuggets ?

Anthony Fardet et les aliments ultra-transformés

Docteur en nutrition pour l’Inra, Anthony Fardet a popularisé le concept dans son livre Halte aux aliments ultra-transformés, mangeons vrai ! (éditions Thierry Souccar). Il s’est appuyé sur les études épidémiologiques qui lient l’industrialisation de l’alimentation et les maladies chroniques : obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète, troubles digestifs… qui réduisent  notre espérance de vie en bonne santé.

L’ultra-transformation déstructure les aliments et les appauvrit en nutriments. Elle modifie aussi la structure des aliments et notre mastication. Enfin, les additifs de synthèse, auquel notre système digestif n’est pas adapté, se cumulent et s’accumulent, provoquent des allergies et intolérances, quand ils n’entraînent pas des effets à plus long terme et des maladies comme le cancer.

Anthony Fardet est intervenu le 25 novembre 2019 à Brest dans le cadre des Lundis de la santé. 

Outre ses effets sur la santé, l’alimentation ultra-transformée a un impact écologique, économique, et social.

Fabriquée avec des produits du monde entier (nécessitant du transport, au bilan carbone parfois désastreux), cette nourriture industrielle rémunère peu les producteurs, éleveurs et agriculteurs. Ces derniers ne sont que de petits maillons d’une chaîne bien plus grande qu’eux et tous sont loin d’être rémunérés au juste prix.
Les aliments ultra-transformés sont déconnectés des produits originels, des saisons et du contexte naturel. Au contraire, la réalisation de certains implique de grosses plantations en monoculture, de gros élevages, pas toujours adaptés aux besoins des habitants ou aux terres où ils sont implantés.
Les exigences des industriels induisent aussi des transformations des espèces cultivées ou élevées, à l’instar du blé, enrichi en gluten depuis plusieurs décennies pour répondre aux contraintes de la boulangerie industrielle. Avec des risques que ces variétés ne s’adaptent pas aux exploitations ou aux terre en place, qu’elles demandent davantage d’engrais ou de traitements. Et ce sont les milieux naturels qui doivent se plier aux exigences de l’industrie…

La Maison de l’agriculture bio en Finistère milite pour tout ce qui s’oppose à l’alimentation ultra-transformée : produits simples et cultivés ou élevés sans produits de synthèse, approvisionnement local, respect des saisonnalités, cuisine maison et …convivialité au menu !
Elle partage aussi les préconisation d’Anthony Fardet qui a mis en avant les trois V de l’alimentation saine :

  • produits vrais (et reconnaissables à l’achat)
  • variété des aliments (en fonction des saison notamment)
  • végétaux de préférence  (l’idéal pour la santé comme pour la planète serait de limiter notre consommation de produits d’origine animale – viandes, poissons, oeufs, fromages – à 15 % de nos apports nutritionnels globaux).

Pour encourager ce mode d’alimentation sobre et sain, la Mab 29 participe à différentes opérations.
Récemment, elle a co-animé un “escape game” sur les habitudes alimentaires.
Après avoir mené à Brest l’opération Foyers à alimentation positive, elle se propose d’accompagner les structures qui le souhaitent (MPT, MJC, centres sociaux) à mener à leur tour cette action dans le Finistère.