A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les Bretons (surtout du Finistère et des Côtes d’Armor) ont été nombreux à migrer vers le Nord de la France pour travailler dans les usines. En suivant les traces de ses ancêtres partis de Plomodiern pour Ourscamp, Yves Queffelec nous plonge dans leur histoire…et il leur a même dédié une statue de la Vallée des saints ! 

En étudiant le passé de sa famille, Yves Queffelec, qui habite en Picardie mais revient régulièrement sur la terre de ses ancêtres à Plomodiern, nous fait partager de belles découvertes. Il nous avait raconté l’histoire des frères Queffelec qui avaient permis la fondation de la Nouvelle-Orléans au XVIIIe siècle. Cette fois, il explore un passé plus proche, celui des Finistériens partis travailler dans le Nord de la France en 1903. 

Migrations bretonnes vers les usines du nord de la France 

Dès le milieu du XIXe siècle, les industriels de Picardie font appel à de la main d’oeuvre extérieure à la région, voire au pays : Belges, Luxembourgeois et Alsaciens viennent alors travailler dans les usines, de textile notamment. C’est plus tard, au moment des grandes grèves ouvrières des années 1880/90 qu’il est fait appel aux Bretons. Des recruteurs sont envoyés plusieurs mois en Finistère et dans les Côtes d’Armor.
A l’époque, la vie dans l’Ouest Bretagne est souvent précaire, même pour les ouvriers et artisans qualifiés, comme l’aïeul d’Yves Queffelec qui était forgeron, mais rémunéré à la journée. 
Les conditions que proposent les patrons d’usines sont comparativement attrayantes : avance des frais de déplacement, salaire fixe, avantages sanitaires et sociaux, équipements de loisirs… Des trains entiers sont affrétés pour emmener les migrants bretons vers leur nouvelle région. En 1903, 135 personnes quittent ainsi Plomodiern pour Ourscamp dans l’Oise où la filature de velours va faire travailler les hommes mais aussi les femmes. 

Ces Finistériens amènent avec eux leurs coutumes et traditions culturelles qui vont parfois étonner les habitants du cru : langue, costumes, danses et musiques, veillées… Peu à peu cependant, l’assimilation s’accompagne d’une acculturation et la spécificité des migrants bretons s’efface. 

Une statue de saint Mahouarn, patron de Plomodiern, pour la mémoire des migrants bretons

Pour commémorer ces migrations et rendre hommage aux Bretons partis pour le Nord, la famille Queffelec a financé une statue de la Vallée des saints de Carnoët. Réalisée par Goulven Jaouen, la sculpture figure saint Mahouarn, patron traditionnel de la commune de Plomodiern. Même si, là encore, le temps a parfois effacé ses traces, Yves Queffelec a mené l’enquête pour en savoir davantage sur ce saint et les vestiges architecturaux qui lui sont encore liés sur la commune.

Représenté en moine soldat sur son destrier, Mahouarn est accompagné d’une symbolique qui figure les habitants de Plomodiern (Menez Hom) et leur déplacement vers la Picardie.

La statue de Saint-Mahouarn dans la Vallée des saints - version longue