Né dans une famille d’artistes de Pont-de-Buis-lès-Quimerc’h, Gaëtan Nocq a d’abord été formé aux arts graphiques. C’est par le dessin et les carnets de voyages qu’il est devenu aussi scénariste et presque historien. Rencontre avec un auteur à succès de bande-dessinée venu présenter son dernier album Le rapport W – Infiltré à Auschwitz.

 

Après ses études d’arts appliqués, Gaëtan Nocq s’est adonné aux carnets de voyages personnels, en Asie, à la rencontre des gens, car le dessin lui est apparu comme un bon vecteur d’échanges.

Des récits individuels pour raconter l’Histoire sans didactisme

Il a participé au collectif des Carnettistes tribulants qui ont travaillé à réenchanter la banlieue parisienne ou à raconter le quotidien des femmes paysannes. Tel un reporter, il a donc commencé aussi à écrire autour de ses dessins, et c’est en rencontrant Alexandre Tikhomiroff qu’il est “tombé” dans l’histoire, via la série Capitaine Tikhomiroff  (4 tomes éd. La boîte à bulles, coll. Hors-champ). Gaëtan Nocq préfère partir de témoignages individuels pour raconter l’Histoire comme une fiction ; et surtout éviter d’être didactique. Ce qui ne l’empêche pas de travailler comme un historien et avec des historiens…

Un héros polonais sorti de l’oubli

C’est ainsi qu’il a construit Le Rapport W, infiltré à Auschwitz (scénario, dessin et couleurs, éd. Daniel Maghen) tiré du Rapport Pilecki. C’est l’histoire véridique de Witold Pilecki, soldat polonais qui se porte volontaire en 1940 pour être emprisonné à Auschwitz pour infiltrer ce qui est alors un camp de prisonniers, pas encore d’extermination. Il parviendra ensuite à s’évader en 1942, à survivre à la guerre après avoir participé au soulèvement de Varsovie en 1944, et finira exécuté par le régime communiste polonais en 1947. En Pologne, il est aujourd’hui considéré comme un héros après avoir été longtemps oublié.

Avec sa narration qui adapte habilement le récit, et avec son jeu de couleurs rouges et bleues, la bande-dessinée a remporté le prix du magazine Cases d’Histoire et était finaliste au grand prix de la critique 2020. L’album a aussi reçu en Pologne l’équivalent du prix Goncourt, le prix spécial Histoire de la Wacław Felczak et Henryk Wereszycki, avec l’historienne Isabelle Davion et l’éditeur Daniel Maghen.

Le prochain projet de Gaëtan Nocq le conduit dans la forêt vosgienne, sur la piste des cerfs, pour une adaptation du roman Les grands cerfs de Claudie Huzinger (éd. Grasset).