Les vaches de Jean-François Glinec éleveur à Saint-Urbain, qui accueille sur ses terres une maraîchère, un brasseur et un fromager. Photo Civam du Finistère.

D’abord éleveur laitier conventionnel, Jean-François Glinec a commencé la mue de sa ferme il y a 10 ans. Passage au 100 % herbe, accueil d’une maraîchère, conversion à l’agriculture biologique, accueil d’un brasseur, puis d’un fromager… l’aventure continuera sans doute longtemps. L’éleveur est aussi botaniste passionné, et c’est important.

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Le site internet de la ferme de Trévarn

En tant que réseau rural et paysan, le Civam du Finistère s’intéresse aux multiples expérimentations des agriculteurs et éleveurs locaux. C’est ainsi que l’expérience de Jean-François Glinec a attiré son attention.

Avec son frère, Jean-François Glinec était un éleveur laitier conventionnel qui avait repris l’exploitation familiale de Saint-Urbain en 1996.

Changer d’abord pour des raisons économiques

Ce sont d’abord des motivations économiques qui ont suscité l’envie de changement chez les Glinec. Pour baisser les frais de l’exploitation et augmenter leurs revenus, les éleveurs ont d’abord fait le choix de réduire les intrants (nourriture du bétail, produits phytosanitaires, vétérinaires, conseils et expertises, etc.). Malgré des terres dispersées (à Daoulas et Rosnoën en plus de Saint-Urbain), les éleveurs ont décidé de renoncer à toute nourriture extérieure. Les vaches sont donc nourries exclusivement à l’herbe, en prairie ou fauchée. L’abandon du maïs a permis de supprimer tout usage de pesticides (cette céréale ne tolère aucune concurrence végétale contrairement à la prairie qui n’a pas à être “traitée”).  La production de lait a certes baissé, mais les dépenses diverses ont diminué bien davantage.

Outre qu’il a permis d’améliorer sensiblement les revenus des éleveurs, ce système 100 % herbager s’est révélé par ailleurs intéressant pour d’autres raisons, notamment écologiques. La prairie herbeuse abrite une grande diversité, notamment végétale, ce qui ravit Jean-François Glinec. 

L’intérêt écologique et social de la transformation

Botaniste passionné, l’éleveur s’est intéressé de près à tout l’écosystème de sa ferme. Ce qui lui a permis d’en apprendre davantage sur les interactions entre espèces, sans oublier d’alimenter le Conservatoire national botanique de Brest dont il est membre. Cet intérêt lui a d’ailleurs permis de rencontrer d’autres naturalistes ou spécialistes auprès desquel(le)s il a pu recueillir de précieux conseils et des idées de pratiques agro-écologiques.

C’est aussi par les échanges et le réseau qu’il a fait la connaissance d’une jeune maraîchère qui recherchait un terrain pour installer sa production. Elle s’est finalement implantée sur les terres des Glinec où elle travaille indépendamment mais en bonne intelligence. Elle a aussi convaincu les éleveurs de se convertir à l’agriculture biologique en 2018.

Plus récemment, l’exploitation a accueilli un brasseur, qui cultive sur place une partie de son houblon, et enfin un fromager (passé par Brooklyn) qui transforme le lait de la ferme. Une synergie collective qui ne s’arrêtera peut-être pas là puisque la transformation est liée aux liens tissés localement.

Quant aux produits, ils sont vendus à la ferme de Trévarn à Saint-Urbain le vendredi soir.