Vue générale du chantier de fouille Ploudaniel Kerfelgar-Bihan – photo Yoann Dieu- Centre départemental d’archéologie du Finistère.

Le Centre départemental d’archéologie du Finistère a réalisé le diagnostic archéologique avant les travaux d’aménagement et de sécurisation de la route départementale 770 entre Saint-Eloi et Ploudaniel. Puis ses archéologues ont mené des fouilles préventives sur deux secteurs.

Anne Kergourlay et Yoann Dieu archéologues au Centre départemental d’archéologie du Finistère

C’est le Service régional d’archéologie (SRA) qui décide de la nécessité d’un diagnostic avant des travaux d’aménagement.

Diagnostic archéologique le long d’une route

Lorsque le terrain concerné est une route comme dans le cas de la RD770, ou un voie ferrée, une voie verte, le diagnostic porte sur certains tronçons de la surface totale. Ainsi le Centre départemental d’archéologie du Finistère, chargé du diagnostic avant des travaux d’aménagement et de mise en sécurité de la route, a examiné une dizaine de tronçons.

Un diagnostic est relativement rapide et concerne une surface bien précise, déterminée par les possibilités d’accès des zones. Cela peut dépendre de la mise en culture des surfaces, de l’accord ou non des propriétaires, de l’état du terrain… Les archéologues dégagent le terrain à l’aide de tractopelles sur une profondeur qui dépasse rarement 50 cm ; ils examinent ce qu’ils trouvent, relèvent les “anomalies” de terrain : les endroits où le sol est d’une couleur ou d’une texture différente, ce qui pourrait indiquer une activité humaine. Un topographe effectue le relevé, les objets éventuellement repérés sont inventoriés. Ils peuvent permettre notamment de dater des strates et des marquages du sol comme les fossés, fosses et trous de poteaux…
Dans le cas de la RD770, les archéologues restaient environ 2 jours sur chaque secteur pour effectuer le diagnostic. Le rapport remis ensuite a compté 219 pages.

C’est le diagnostic archéologique qui permet de déterminer l’intérêt de fouilles plus approfondies avant travaux, les fouilles dites préventives.

Deux fouilles préventives menées avant les travaux de la RD770

Dans le cas de la RD770 deux secteurs ont fait l’objet de fouilles préventives. La première à Saint-Eloi sous la direction d’Anne Kergourlay (phase terrain
terminée, phase d’études à venir), et la seconde à Kerfelgar-Bihan sous la direction de Yoann Dieu (phase terrain tout juste terminée).

Le premier secteur, pourtant à proximité d’un site riche en vestiges de l’âge du Bronze (-2300/-800) et de la période médiévale, n’a révélé aucun mobilier mais des traces d’occupation et notamment des fossés de l’Antiquité, du Moyen Âge qui témoignent d’une activité agricole, et les traces d’un enclos (avec palissade ?) peut-être pour l’habitat ou de l’artisanat de l’âge du Fer (-800/-50).

En ce qui concerne la fouille de Kerfelgar-Bihan, il s’agit principalement d’une occupation attribuable au haut Moyen Âge, probablement datée des IXe-Xe siècles (habitat ? artisanat ?) avec notamment un large fossé profond qui pourrait suggérer une fortification, et des fonds de cabane (fosses et trous de poteaux) qui pourraient être des habitations. De la céramique, médiévale et de l’âge du Bronze moyen, a par ailleurs été trouvée.

Les fouilles seront publiées en 2021 et en 2022. Affaire à suivre !