Eau et rivières de Bretagne invite l’Adel, Association de défense de l’environnement, du cadre de vie et du littoral du Pays de Daoulas à échanger autour de l’artificialisation des sols et notamment des terres agricoles, avant le webinaire consacré à ce sujet le 20 novembre 2020.

Le site internet d’Eau et rivières de Bretagne et le site internet de l’Adel

La page Facebook d’Eau et rivières de Bretagne

Pour participer au webinaire du 20 novembre 2020 sur l’artificialisation des sols

 

Cette année, Eau & Rivières de Bretagne nous fait découvrir les autres associations avec lesquelles elle travaille sur le terrain autour de différentes problématiques.
A quelques jours d’un colloque en ligne (webinaire) organisé le 20 novembre 2020 autour de l’artificialisation des sols, c’est l’Adel qui est invitée ce mois-ci.

L’Association de défense de l’environnement, du cadre de vie et du littoral du Pays de Daoulas est née autour de la protection du littoral au début des années 2000. Un sujet qui a rapidement été rejoint par des préoccupations liées à la disparition des terres agricoles. La plus belle victoire des militants de l’Adel a concerné le projet de déménagement du Super U du centre-ville de Daoulas vers une nouvelle zone, qui devait être créée en périphérie, sur 20 hectares de terres. Les règles d’urbanisme n’avaient pas été respectées, des tractations douteuses avaient eu lieu et le transfert avait été invalidé. A l’époque, les arguments de l’Adel contre ce déménagement étaient nombreux : préservation du commerce de centre-ville, inadéquation du site choisi, et lutte contre l’artificialisation des terres. Près de 10 ans plus tard, la situation actuelle leur donne raison, le supermarché resté au centre ville se porte très bien !

Les enjeux de l’artificialisation des sols, écologiques, sanitaires et sociaux

Outre les menaces sur les terres agricoles et la spéculation foncière, l’artificialisation pose plusieurs problèmes, selon le degré qu’elle atteint. Certaines pratiques agricoles qui nuisent gravement au sol sont déjà en soi une “artificialisation” qui détruit la biodiversité souterraine. Olivier Glinec, membre d’Adel et agriculteur lui-même, prône une agriculture de conservation qui évite notamment le labour pour préserver au maximum la biodiversité du sol : des micro-organismes aux vers de terre, en passant par les végétaux et champignons… Par ailleurs, la multiplication des routes, zones d’activité et autres lotissements – l’étalement urbain – empêche la circulation de nombre d’espèces animales et végétales qui ont besoin d’une continuité écologique pour se déplacer afin de se nourrir, se reproduire, se protéger.

Réduire les sols naturels, c’est diminuer leur capacité de séquestration du carbone, pourtant très important en ces temps de changement climatique. Les sols artificiels génèrent par ailleurs des micro-climats surchauffés alors que la présence végétale rafraichit l’atmosphère. On peut aussi mentionner la pollution de l’air (réduction de l’absorption des particules fines par les végétaux), la pollution sonore (réverbération du son, renforcée sur des surfaces artificielles) et les impacts paysagers de l’artificialisation des terres.

Autre grand problème lié à l’imperméabilisation des sols, et auquel Eau et rivières est particulièrement sensible : le ruissellement des eaux. Sur des surfaces polluées (micro particules de pneus, carburants, etc.), la qualité de cette eau se dégrade. Mais le ruissellement rapide sur un sol dans lequel l’eau ne s’infiltre plus, raccourcit par ailleurs le cycle de l’eau et peut entraîner des afflux soudains vers les cours d’eau, et des inondations ; sans parler de l’érosion terres, renforcée aussi par cet écoulement rapide de l’eau.

Cette extension des surfaces artificielles est un corolaire de l’étalement urbain qui a par ailleurs des conséquences sociales, comme la dépendance à la voiture, l’éloignement des centres urbains, on a pu le mesurer à l’occasion du mouvement des Gilets jaunes.

Il existe bien sûr des instruments juridiques pour lutter contre des projets abusifs d’artificialisation, mais il s’agit aussi de revoir les politiques d’urbanisation et de changer les mentalités en profondeur (rapport à l’habitat, mode d’alimentation et modèle agricole).

Pour en savoir plus sur la maîtrise de l’artificialisation du sol.