A Plomodiern, la Maison des contes et légendes de Cornouaille est une association qui réalise un travail minutieux pour entretenir le patrimoine légendaire de notre territoire. Des recherches, des publications, l’animation d’une page Facebook et désormais une émission sur nos ondes – “Il était une fois en Cornouaille” – font vivre cet imaginaire. Rencontre avec le président de l’association et animateur de l’émission, Christophe Méchin.

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Ecoutez l’émission Il était une fois en Cornouaille le mercredi à 10h ou le samedi à 13h Découvrez la page de l’émission Il était une fois en Cornouaille et écoutez

La Maison des contes et légendes de Cornouaille a été créée en 2014 par Christophe Méchin, aidé par ses enfants, à Plomodiern. Son objet est de collecter et faire découvrir le patrimoine légendaire de la Cornouaille historique, un vaste territoire correspondant à l’ancien évêché, qui va de Quimperlé au Faou et du Cap Sizun à Carhaix.

Chercher, collecter et diffuser les contes et légendes de Cornouaille

Pour ce seul territoire, le légendaire est déjà très riche et occupe bien l’association qui a trois pôles d’activité : la recherche, la collecte, et la diffusion-vulgarisation qui comprend aussi la publication. Avec déjà une vingtaine de livres à son actif, la maison des contes et légendes de Cornouaille est donc aussi une maison d’édition qui imprime ses ouvrages à la demande. Il s’agit d’une part de livres documentaires sur le patrimoine et l’histoire des contes et légendes, y compris les usages de sorcellerie. D’autre part, l’association édite des livres de fiction qui reprennent des classiques du légendaire local ou qui proposent de nouveaux récits écrits par Christophe ou son fils Raphaël.

Les spécificités du légendaire de Cornouaille

Le légendaire de Cornouaille est riche de plusieurs spécificités. Comme territoire “périphérique”, la pointe de l’Armorique a, dans l’Antiquité, davantage conservé les cultes des dieux celtes : Cernunos (dieu de l’obscurité et de la nuit) Lug-Belenus (dieu du jour et du visible), Belisama (déesse de la clarté). C’est l’archéologie qui conserve les traces de cette culture non écrite (si ce n’est par les auteurs romains). Cette mythologie celte a imprégné le légendaire cornouaillais davantage que dans d’autres territoires.

Autre apport intéressant et propre à la Cornouaille, celui des “exilés” brittons, venus d’Outre-Manche après la chute de l’empire romain, notamment de l’actuel pays de Galles, à qui la langue bretonne doit beaucoup, mais aussi les récits légendaires, en particulier autour du Yeun Ellez (les portes de l’Enfer et l’Ankou).

Enfin, la pointe bretonne est le seul territoire où les ménestrels et troubadours du Moyen Âge puisaient à la fois dans les “matières” littéraires de France et de Bretagne pour construire leurs récits légendaires. Une mixité des inspirations tout à fait unique !

Des sources historiques et … votre participation !

Pour effectuer ses recherches, la Maison des contes et légendes de Cornouaille puise beaucoup dans les revues de la fin du XIXe siècle (en ligne sur le site de la Bibliothèque nationale de France), période marquée par un régionalisme fort et romantique, un mouvement qui passait par un renforcement de l’identité locale, y compris symbolique et donc légendaire. L’association peut aussi encore aujourd’hui collecter les éléments du légendaire cornouaillais auprès des personnes qui se manifestent.

Dans l’émission hebdomadaire Il était une fois en Cornouaille, vous apprendrez qu’il n’y a pas de fées en Cornouaille mais des korriganes. Vous découvrirez que les korrigans ne sont pas forcément des petits lutins rabougris mais qu’ils ressembleraient plutôt à des elfes… Vous en saurez davantage sur les mythologies et personnages fabuleux, y compris les dragons (et un seul vampire), et vous participerez vous-même à faire vivre ce patrimoine en suggérant des éléments de construction de nouvelles histoires !