Pierre Gely-Fort© The dark love boat

Pluie d’images, le festival de photographie de Brest a bien lieu depuis le 16 janvier et jusqu’au 27 février 2021. Sans rencontres mais avec une trentaine d’expositions qui nous proposent un regard “Décalé”.

Le site internet du festival Pluie d’images

La page Facebook du festival Pluie d’images

Interview de Jacques Balcon et Bernard Staëlen de l'association Capab

Né en 2004, le festival Pluie d’images a d’abord été créé au sein de la MJC de l’Harteloire avant d’être porté par la vingtaine de passionnés de l’association Capab (Collectif armoricain des photographes auteurs brestois). Ce sont eux qui choisissent les invités de chaque édition, autour d’un thème et en fonction des coups de cœur qu’ils ont repérés parmi les photographes professionnels confirmés et émergents.

Regard “décalé” sur l’édition 2021

Cette année, le thème est donc le “Décalé”. Et en effet, les 6 artistes invités entrent dans ce cadre…

Dans The Tourist, la photographe canadienne Kourtney Roy se met en scène dans les paysages et décors stéréotypés de la Floride où les vacanciers travaillent dur à paraitre séduisants, toujours jeunes et brillants… Egalement cinéaste, la photographe nous emmène aussi dans un road movie au sud du Texas, au fil des autoroutes désertes et des motels isolés où tout fait contraste avec les postures de la Kourtney Roy elle-même.

Guillaume Rivière a quant à lui décidé de chasser toutes les peaux de bête factices dont nous nous revêtons dans La traque. Il a d’abord trouvé ça vulgaire, avant de s’étonner face à la diversité et à la multiplicité de ces étranges “trophées”.

Désormais installée en Finistère, Céline Diais présente une série particulièrement décalée : Voir la mer égrène les images de plages urbaines que les villes reconstituent pour leurs populations en été, de La Courneuve à Rouen. Ironie du sort, l’exposition voit la mer puisqu’elle est présentée en partie sur la promenade du Moulin Blanc.

Nicolas Portnoï nous fait découvrir deux villes. Charleroi, jadis sacrée “ville la plus laide du monde” et qui traîne une sale réputation que le photographe s’emploie à explorer dans Voyage en Carolofornie. Quant à Dunkerque (Dunkirk), elle se révèle pendant un carnaval dont l’artiste a capturé les dessous, pas toujours chics mais plutôt cocasses !

Avec Pierre Gély-Fort et The dark love boat, c’est le côté obscur d’une croisière sur un paquebot américain géant qui s’offre à nous : le décalage entre le pseudo-rêve d’immensité de l’océan et la vie bien terre-à-terre, faite de surconsommation, que mène les passagers.

Des poissons, des crustacés, soigneusement portraiturés en studio, dans un élégant noir et blanc, ce sont les Pêches d’enfances de Didier Olivré qui allait pêcher en presqu’île de Plougastel avec son père et s’immergeait dans la beauté de la nature par la même occasion.

…et une multiplicité d’expositions des artistes, clubs photos de Brest et alentour

Comme tous les ans, les organisateurs du festival ont fait appel aux photographes locaux, professionnels et amateurs, aux associations et clubs de photographie qui ont répondu largement et dont on peut découvrir l’inventivité autour de cette thématique du “Décalé”.

Les expositions sont présentées dans une trentaine de lieux de Brest mais aussi Saint-Renan, Le Relecq-Kerhuon, Plougastel-Daoulas, Daoulas et Lopérhet, du 16 janvier au 27 février 2021.

Si toutes les rencontres prévues ont dû être annulées pour des raisons sanitaires, la plupart des expositions en intérieur sont accessibles dans des lieux ouverts au public (mairies, plateau des Capucins). Beaucoup sont aussi présentées en extérieur (jardins publics, places, promenades). On peut aussi suivre la visite virtuelle et les interviews des photographes invités sur le site web du festival Pluie d’images.