L’eurodéputée Sylvie Guillaume répond aux questions de l’association Breizh Europe Finistère à propos des droits des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transgenres et intersexes), et des femmes au sein de l’Union européenne, mais aussi des réfugiés en Europe et à ses portes.

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Sylvie Guillaume est eurodéputée PS, vice présidente du Parlement européen et membre de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) ; elle est donc particulièrement mobilisée sur les questions liées aux droits des minorités quelles qu’elles soient.

Les droits des minorités sexuelles dans l’Union européenne

Sylvie Guillaume est membre de l’intergroupe LGBTI qui permet de mettre en lumière la question des minorités sexuelles. Si les droits des personnes concernées progressent dans l’ensemble des pays de l’Union, il reste des points noirs dans certains États. Ainsi en Hongrie, les tentatives du gouvernement de Viktor Orbán d’introduire des textes ouvertement anti-LGBTI dans la constitution : référence à un modèle familial unique et incontournable, interdiction de l’adoption par les couples de même sexe, interdiction d’inscrire un changement de sexe à l’état civil, etc. Certaines collectivités de Pologne interdisent l’accès de services publics à des personnes LGBTI ; en réaction, l’Union européenne les prive de fonds européens.

Les droits des femmes en Pologne

Les droits des femmes sont bafoués aussi en Pologne, en particulier le droit à l’avortement et à la contraception menacés par des projets de loi très restrictifs, suscitant des manifestations des femmes polonaises.

Le droit d’asile malmené en UE et à ses portes

Sylvie Guillaume estime que le projet de politique commune de l’immigration (pacte sur l’immigration et l’asile) ne répond pas à l’urgence, malgré le “charnier méditerranéen” (20 000 personnes auraient péri en mer Méditerranée depuis 2014 selon l’Organisation internationale pour les migrations). Le pacte n’obligera pas les États membres à une solidarité d’accueil des réfugiés. Les pays de première entrée (Grèce, Italie) continueront donc à recevoir un afflux de réfugiés que leurs voisins ne seront pas tenus d’accueillir et, de fait, le règlement Dublin (qui oblige un réfugié à demander l’asile dans le premier pays où il est arrivé) n’est donc pas modifié. La généralisation de l’examen des demandes d’asile au frontières de l’UE risque par ailleurs de déboucher sur le surpeuplement des camps de rétention.

En outre, Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de gardes-côtes, aurait refoulé illégalement des migrants, cacherait des éléments sur son fonctionnement, se montrerait récalcitrante au contrôle des droits fondamentaux …une enquête est en cours, menée par la Commission européenne.

À ce propos, l’eurodéputée dénonce également la situation aux portes de l’Europe : en Bosnie-Herzégovine (non membre de l’UE) 6000 personnes (dont certaines refoulées par la Croatie) sont parquées dans des camps au Nord-Ouest du pays où leurs conditions de vie sont extrêmement précaires. Selon Sylvie Guillaume, l’UE doit aider la Bosnie à accueillir ces réfugiés dans de meilleures conditions et veiller à ce que la Croatie – en tant que membre – respecte le droit d’asile.