Mimachlamys varia, alias le pétoncle noir – crédit photo : O. Dugornay/Ifremer

Doctorante en biologie marine au laboratoire d’écologie benthique côtière de l’Ifremer, Laure Régnier-Brisson étudie le pétoncle noir en rade de Brest. Elle participe au programme de recherche Mascoet qui vise à maintenir les pêcheries de coquille.

Laure Régnier-Brisson, doctorante à l’Ifremer

Depuis plusieurs années, la “star des criées” – la coquille Saint-Jacques – est victime de proliférations de micro-algues toxiques et potentiellement mortelles les Pseudo-nitzschia. Comme c’est un coquillage qui met du temps à se débarrasser de la toxine, les pêcheurs se reportent sur un autre coquillage, réputé tout aussi goûteux voire encore plus apprécié des gastronomes, le pétoncle noir. Ce bivalve (comme les moules ou la Saint-Jacques) a aussi la vertu de se décontaminer plus rapidement. Le problème c’est que les effectifs de ce coquillage ont aussi beaucoup baissé : on est passé de 700 tonnes à la débarque dans les années 1970 au port de Brest à 30 tonnes maximum actuellement.

Comprendre le pétoncle noir pour l’aider à se développer

Après des études en océanographie et un détour par le parc marin de Mayotte, Laure Régnier-Brisson a rejoint l’ifremer pour sa thèse consacrée à l’écologie et la dynamique de la population du pétoncle noir en rade de Brest. La chercheuse a pour mission d’étudier le comportement et la biologie du pétoncle noir dans son milieu naturel, en trois points de la rade, plus ou moins exposés aux courants, aux eaux des fleuves côtiers …donc avec des conditions différentes de salinité, de turbidité (particules en suspension dans l’eau), pollutions d’origine terrestre etc. Son travail s’intègre dans le projet de recherche MaSCoET (Maintien du Stock de Coquillages en lien avec la problématique des Efflorescences Toxiques) destiné à maintenir une pêche coquillère durable.

La thèse de Laure Régnier-Brisson vise donc à comprendre comment redynamiser les stocks de pétoncles. Il lui faut donc en savoir davantage sur les pétoncles noirs et leur effondrement : sont-ils victimes de prédateurs en surnombre ? De maladies ? Manquent-ils de supports pour s’accrocher (notamment les coquilles d’huîtres) ? Manquent-ils de nourriture ? Et que mangent au juste les pétoncles noirs ?

Trois sites de recherche en milieu naturel, en rade de Brest

Pour mener sa recherche, Laure va “semer” de jeunes pétoncles (déjà en âge de se reproduire) dans les trois sites de la rade (après enquête publique car les ensemencements occupent une petite surface du domaine public maritime). Les naissains sont produits à l’écloserie du Tinduff. Dès leur installation dans la rade, les coquillages seront régulièrement prélevés par des plongeurs (toutes les deux semaines) et confiés à la biologiste qui les examinera sous tous les angles dans son laboratoire. Les données accumulées pendant près de 2 ans serviront de matière à sa thèse et elle devrait rendre ses conclusions en 2023.