Manifester reste un droit indissociable du fonctionnement d’une démocratie. Pendant la crise sanitaire, plusieurs associations et personnes de presqu’île de Crozon ont veillé à entretenir ce droit et le lien social grâce aux conversations citoyennes qui continuent tous les samedis matin.

La page Facebook de la Ligue des droits humains Crozon

La page Facebook de Youth for climate Crozon

La page Facebook du collectif Ma mer la Terre

 

Tout a commencé le 14 novembre 2020, autour de la loi dite “sécurité globale” qui a mobilisé partout en France. En presqu’île de Crozon, la Ligue des droits humains (LDH) a appelé à manifester devant la mairie de Crozon.
En cette période de restrictions sociales et conviviales, puisque tout rassemblement était interdit, l’idée a germé de manifester officiellement chaque samedi, après déclaration en bonne et due forme. En plein air, avec masques et distance physique, les “conversations citoyennes” se sont donc tenues à chaque fois, agrégeant les citoyen/ne/s mais aussi les associations et collectifs.

De nouvelles associations et collectifs qui s’agrègent

D’autres mouvements ont progressivement rejoint la LDH comme le Maquis des champs (pour l’agriculture alternative), presqu’île de Crozon en transition, Youth for climate Crozon, l’antenne locale du mouvement des jeunes contre l’inaction climatique lancé par Greta Thunberg, ou Ma mer la terre, un collectif qui entend agir concrètement et localement pour l’environnement avec les collectivités ou les entreprises. Les plus jeunes ont rejoint des moins jeunes et le peuple des conversations citoyennes s’est diversifié et étoffé.

Cécile, membre de l’Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) est d’abord venue à l’occasion de la “soupe populaire” et partagée du 19 décembre 2020. Depuis elle a tissé des liens, est présente chaque semaine ou presque, et elle assure les comptes-rendus des rencontres.  “Manifester, c’est aussi s’exprimer et rencontrer, explique cette musicienne, ce n’est pas forcément un acte agressif, on peut aussi manifester en douceur”

Manifester, c’est s’exprimer et rencontrer

Eli (Youth for climate et Ma mer la Terre) salue aussi cette occasion de “rencontrer de nombreuses personnes sensibles à l’humain, à l’environnement et aux animaux ; ça fait du bien de voir qu’on n’est pas tout seul”.

En douceur, les réseaux convergent. “On fait de la politique, insiste Claire Duval-Olivaud, au sens d’organisation de la cité, pour impliquer les gens dans une véritable démocratie participative”. Les conversations citoyennes sont l’occasion d’informer précisément sur le contenu de la constitution, d’une loi, d’un projet ou d’une réforme, ou sur un traité international et ses conséquences concrètes sur la vie des Finistérien/ne/s. Et il s’agit aussi de mener des actions : récemment, les membres des conversations citoyennes ont réalisé un sondage sur le projet de faire payer le stationnement sur certains sites touristiques de la presqu’île qui a recueilli 800 réponses !

Quant aux sujets des conversations, ils sont très nombreux : de la loi sécurité au réchauffement climatique, de la destruction de la forêt amazonienne au statut des intermittents du spectacle, en passant par la pression touristique en presqu’île… Largement de quoi poursuivre les rendez-vous chaque samedi matin, dans un coin du parvis de la mairie de Crozon.