Dans le cadre de l’éducation à la citoyenneté, l’association Cicodès sensibilise les collégiens et lycéens du Finistère à la question de l’égalité entre les filles et les garçons. La prévention du sexisme commence par quelques exercices pratiques pour prendre conscience de ses préjugés.

Retrouvez l’association de citoyenneté et solidarité internationale Cicodes une fois par trimestre dans Lem.

Réécoutez l'émission avec Amandine Duthoit, animatrice du Cicodès

C’est l’un des thèmes phares de l’éducation citoyenne, malheureusement pourrait-on dire, le sexisme. Il est encore très présent dans de nombreuses représentations sociales et dans les comportements des plus jeunes comme des plus vieux. Lutter pour une perception égalitaire et pour une égalité réelle entre les filles et la garçons, les femmes et les hommes nécessite une éducation au long cours. Le Cicodes n’est que l’un des intervenants éducatifs sur ce sujet. Ses animatrices interviennent en milieu scolaire, souvent pour des animations ponctuelles, dès le cours moyen et jusqu’au lycée. Des sessions de formation peuvent aussi être proposées aux enseignant/e/s ou éducatrices et éducateurs.

Inciter les jeunes à se positionner et leur faire prendre conscience de leurs préjugés et stéréotypes

En début d’intervention, les animatrices du Cicodes invitent les jeunes à se positionner lors d’un débat mouvant, sur une question délibérément provocante : les filles réussissent-elles mieux que les garçons à l’école ? En amour, est-ce toujours au garçon de faire le premier pas ? Les enfants se positionnent physiquement dans la classe en fonction de leur avis, puis on les invite à débattre, en se respectant, et ils ou elles peuvent bouger selon l’évolution de leur avis. D’une classe à l’autre les réponses et débats sont assez variables mais le Cicodes constate que les stéréotypes et représentations “traditionnelles” ont la vie dure. L’association s’efforce d’ailleurs d’expliquer d’où viennent ces stéréotypes, ce qui participe à leur déconstruction.

Des questions d’égalité mais aussi de sexualité

Les relations amoureuses entre les garçons et les filles restent un terrain sensible, sur lequel les idées préconçues évoluent d’autant moins vite que le dialogue avec les parents n’est pas toujours facile, ni même possible. Les échanges sur l’égalité permettent parfois d’élargir à d’autres questions sur la sexualité, l’identité de genre et autres sujets qui tourmentent les jeunes. Une constante d’une classe à l’autre : il reste plus difficile aux garçons qu’aux filles d’annoncer et d’assumer leur homosexualité le cas échéant.

D’autres jeux ou animations permettent de faire émerger les préjugés avant d’en discuter ; les élèves peuvent travailler par petits groupes autour de situations de sexisme (récits d’expériences, images) : tenue vestimentaire des jeunes filles, “revenge porn”, harcèlement de rue, cyber-harcèlement, etc. L’idée est de faire raconter aux jeunes leurs propres expériences de ces situations et de chercher ensemble les réactions possibles. Il est aussi important de déculpabiliser les jeunes victimes de harcèlement ou autres agressions. 
Le jeu des situations symétriques expose une même situation vécue par 2 filles ou 2 garçons et les spectatrices et spectateurs constatent qu’elle n’est pas ressentie de la même façon par les jeunes (garçons et filles) selon le genre des protagonistes.  Dans d’autres mises en situation, ce sont les attitudes des parents qui sont examinées…même s’il est plus difficile d’impliquer directement ces derniers dans les animations de prévention du sexisme.

Un livre à recommander à tous les jeunes dès 12 ans : Non c’est non ! Contre le harcèlement sexuel de Nadia Leïla AÏSSAOUI et Edith CARRON chez Actes Sud.