Sterne de Dougall baguée – photo A.Chabrolle

C’est dans le Finistère que vivent 80% des sternes de Bretagne ; quatre espèces nichent sur nos côtes. Comme leurs populations sont fragiles, ces oiseaux marins font l’objet d’une surveillance étroite de l’Observatoire oiseaux marins et côtiers de l’Office français de la biodiversité et de l’Observatoire régional de l’avifaune en Bretagne. Yann Jacob est le rapporteur et chargé de mission pour Bretagne vivante spécialiste des sternes.

Retrouvez les informations sur l’observation des sternes et oiseaux marins de Bretagne sur le site internet de Bretagne vivante

En savoir plus sur l’Observatoire régional de l’avifaune en Bretagne

 

Yann Jacob, naturaliste de Bretagne vivante

Les sternes sont observées en Bretagne depuis 1989 car leurs effectifs étaient en forte baisse. Au fil des années, l’observation s’est élargie aux oiseaux marins côtiers du littoral Manche et Atlantique. Ce sont les bénévoles et salariés de Bretagne vivante qui observent les oiseaux ; le gardiennage des sites sensibles est assuré par des volontaires en service civique en mission auprès de Bretagne vivante.
 
Les quatre espèces de sternes nicheuses du littoral Manche-Atlantique sont la sterne caugek Thalasseus sandvicensis, la sterne de Dougall Sterna dougallii,  la sterne pierregarin Sterna hirundo, et la sterne naine Sternula albifrons. Entre 10 767 et 11 349 couples de sternes, toutes espèces confondues, ont été recensées dans l’aire d’étude en 2020. La sterne caugek totalise 7 329 à 7 841 couples répartis en huit localités ; la plus rare est la sterne de Dougall dont 53-54 couples ont niché dans trois localités de Bretagne et de Normandie. Pour la sterne naine, on a compté 169 à 184 couples nicheurs répartis en six colonies situées sur la côte d’Opale et en Bretagne. Pour la sterne pierregarin, qui est plus largement répandue, le bilan est partiel et moins précis. 3 216 à 3 270 couples nicheurs de cette espèce ont été recensés dans près de 90 localités différentes.
 

Le mode de vie des sternes bretonnes

Les sternes se reconnaissent toutes à leur calotte noire sur le sommet du crâne (de formes différentes selon les espèces). Elles sont plus petites que les goélands et mouettes. Elles pêchent en plongeant à quelques centimètres de la surface de l’eau où elles attrapent de petits poissons : lançons, sardines, petits lieux…
Elles pondent leur œufs au sol, d’où leur fragilité et leur sensibilité à la fréquentation humaine. Les nids sont à la merci des prédations, mais aussi des submersions marines. Les couples de sternes sont formés pour la vie (une quinzaine d’années), la ponte (1 à 3 œufs selon les espèces) a lieu début mai, l’élevage des jeunes jusqu’au début de l’été et la migration vers les côtes africaines intervient en septembre/octobre.
Pour nicher, leurs sites de prédilection sont les îlots rocheux.
On peut les observer depuis les pointes avancées comme celle du Raz ou le sémaphore de Brignogan.
 
Les sites où nichent les sternes sont désormais l’objet de conventions avec Bretagne vivante et un gardiennage permanent est assuré pendant la période de nidification. Il s’agit à la fois de protéger concrètement les pontes mais aussi de sensibiliser le public.
 
 
Entre 2019 et 2020, la population de sterne caugek augmente modérément de +21 %. Les effectifs de sterne pierregarin et de sterne de Dougall sont relativement stables, variant respectivement de +9% et -13%. L’effectif de sterne naine diminue quant à lui de -37%.
 
 
 
Références
 
Jacob Y. (Coord.) 2021. Sternes nicheuses 2020 du littoral Manche-Atlantique. Rapport de l’observatoire oiseaux marins et côtiers de l’office français de la biodiversité et de l’observatoire régional de l’avifaune de Bretagne. Brest. 63 pages.
 
Les sons des Sternes sont à retrouver sur le site https://www.xeno-canto.org/