Depuis 2005, l’ORTB, Observatoire régional des transports en Bretagne rassemble de très nombreux acteurs liés à la mobilité et à la logistique bretonnes. Il a publié cette année un rapport de prospective sur le transport des marchandises dans notre région en 2040.

Le site internet de l’ORTB

 

Comme son nom l’indique, l’ORTB – qui est une association regroupant différents organismes acteurs du transport en Bretagne – observe l’état des lieux et les évolutions en matière de transports des personnes et des produits. L’étude Logistique Bretagne 2040 (prospective exploratoire, territorialisée et participative) a été lancée avant la crise sanitaire mais le travail a pu se poursuivre à la lumière des impacts de la pandémie, moyennant quelques inflexions. L’étude a consisté à s’entretenir avec une vingtaine d’experts de tous horizons : associatifs, universitaires, économiques, institutionnels, etc. Publié en mai 2021, le rapport peut être téléchargé ici.

Le but de l’étude n’est pas de préconiser quoi que ce soit. Il s’agit plutôt d’un outil d’aide à la décision qui fournit de nombreuses informations et confronte des points de vue multiples quant aux pistes à suivre en matière de transports et logistique d’ici 20 ans.

Transport essentiellement par la route, intra-régional

Comme dans toutes les régions, la logistique bretonne doit compter avec une économie en flux tendus : une production continue qui alimente une consommation tout autant continue et qui plus est morcelée (de nombreux petits colis) assortie d’une “urgence” supposant la rapidité des livraisons.

En Bretagne, la majorité des transports de marchandises se font à l’intérieur de la région à 50 km ou moins : le bâtiment, l’agroalimentaire sont les principaux pourvoyeurs. Beaucoup des transports de produits se font par les camionnettes. et de toute façon le fret est très largement routier. Il manque d’ailleurs environ 800 chauffeurs de poids-lourds en Bretagne.

Le fret ferroviaire restera sans doute limité à l’avenir : utiliser le rail pour le transport des marchandises suppose trop de ruptures de charges, trop de coûts et pas assez d’immédiateté. Le fret ferroviaire est en diminution continue malgré quelques expériences menées. Au mieux, le transport combiné camion + train pourrait d’ici 20 ans gagner du terrain.

La structure économique bretonne joue aussi, notamment en ce qui concerne la production primaire – essentiellement agricole – qui se caractérise par la dispersion des producteurs (exploitations agricoles, élevages).

Bien que très maritime, la Bretagne ne compte que des ports d’envergure modeste. Brest, Saint-Malo, Lorient fonctionnent mais n’ont pas la dimension des grands ports européens comme Anvers, Rotterdam ou même Le Havre. Le cabotage pourrait se développer un peu mais il reste un transport peu rapide. Par ailleurs, si la Chine finalise sa Route de la soie (par l’intérieur des terres) qu’adviendra-t-il des routes maritimes ?

Contexte environnemental et transport

Les opérateurs de la logistique et du transport bretons tiennent déjà compte du contexte climatique et de la raréfaction des ressources énergétiques. Les pistes concernent plusieurs points : l’amélioration de l’ergonomie des poids-lourds pour augmenter les tonnages transportés,  la performance de la motorisation pour économiser le carburant, mais aussi la bi-motorisation (électrique et thermique), l’hydrogène…

Quant à l’autonomie des véhicules, c’est déjà une réalité technique (les camions autonomes existent déjà) à défaut d’être un fait économique.

Le problème du dernier kilomètre

L’autonomie intéresse d’ailleurs l’une des problématiques majeures du transport de marchandises : le dernier kilomètre, autrement dit la livraison au client final, qu’il soit particulier, entreprise ou autre. D’ici 2040, le système de consommation/production en flux tendu semble avoir encore de beaux jours devant lui. La livraison aux particuliers pourrait se faire à l’avenir par vélos cargos électriques, non sans soulever quelques questions sur le statut social des salariés. Ou par drones, mais se poseront alors de nombreuses questions de sécurité, de responsabilité, de fonctionnement et de gestion des flux…